Le groupe est encore ici en formule trio avec la section rythmique qui partira bientôt voir ailleurs (voir notre recension de Ramesses) et grand dieu, ils en font un de ces boucans à eux trois !
Supercoven est un EP sorti entre Come my fanatics et Dopethrone, période faste s’il en est pour le sorcier électrique. En 2 (longs) morceaux et 30 minutes de musique, le groupe ne fait pas dans la dentelle, ou alors ce serait une dentelle de toiles d’araignée frits dans de la graisse d’hominidés. Une réédition ultérieure enrichira encore le scud de 2 autres (longs) morceaux dont un en concert.
Le groupe est ici dans un genre où il excelle : un long trip entre crâne et cerveau, la bande son d’un rite impie dédié à je-ne-veux-même-pas-savoir-foutez-moi-la-paix, la musique d’ambiance d’un hôpital psychiatrique.
C’est lent, lourd, psyché, un peu graisseux comme les doigts après les chips, plein d’effets bizarres, de cris, d’ondulations, de variations sur un thème. Le trio se plaît à jouer et rejouer le même riff encore et encore. En terme neurologique, cela doit impliquer quelque chose, comme de l’ordre de la transe.
La pochette est quant à elle l’œuvre de Tom Bagshaw (le frère de Tim?) déjà responsable de la pochette iconique de Dopethrone. On y voit une déesse aux huit bras en cuissardes et gants latex, collier bdsm et pagne long comme un jour sans pain et rappelant un genre d’obélisque, Freud aurait été content… On pense à la déesse aux six bras, Kali, le déesse du temps qui détruit tout. Les trois membres du groupe sont aussi représentés : cheveux longs, pattes d’éph, toisant avec dédain l’auditeur. C’est l’image d’un groupe sur de son fait, conscient de sa valeur et sans fausse modestie. Et il a bien raison. Quel autre groupe pourrait sortir ces deux morceaux en EP alors qu'ils pourraient constituer le plat de résistance d'un futur album ?
C’est bon, on se le repasse, rien qu’une fois et promis, Madame l'infirmière, après on prendra son cacheton, on mettra sa camisole et on se jettera contre les murs capitonnés comme il sied au pauvre hère que nous sommes.