Airelle Besson, Sebastian Sternal, Jonas Burgwinkel – Surprise! – (2024)
Avec une malice dont je ne suis pas fier, et avant même d’écouter je jette un coup d’œil sur les mentors, les sponsors, car j’ai remarqué lors de précédents albums que la liste s’allongeait, et bien cette fois-ci elle est moins impressionnante, il reste cependant la fondation BNP Parisbas, ce qui est déjà pas mal.
Il faut dire que la musique d’Airelle semble compatible avec à peu près tout, elle est sautillante et d’une pureté cristalline, avec des petits points qui dessinent des montées et des descentes, des lignes droites et des lignes courbes. Elle joue, une fois à droite, une fois à gauche, « Venez m’attraper », semble-t-elle de dire…
Mais elle est insaisissable, on la croit ici, mais elle est déjà partie, Sébastian Sternal, le pianiste semble lui aussi un bon compagnon de jeu pour ce cache-cache-surprise qui nous est présenté sur « surprise ! », ou « JT » ou encore « Time to say goodbye ». Les compos sont toutes signées par la trompettiste ou le pianiste, qui joue également du Fender Rhodes, ils ont écrit cinq pièces chacun.
Le projet est au long cours puisque l’album a été enregistré en deux mille vingt, mixé deux années plus tard et paru il y a quelques mois seulement. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour vous parler d’un quarante-cinq tours, paru en deux mille dix-sept sur le label « Jazz sous les Pommiers », qui fait appel à cette même formation, ainsi qu’une face en duo composé d’Airelle et de Vincent Segal. Deux magnifiques titres s’y tiennent…
Ici tout ne sautille pas, il y a quelques ballades comme « Lunea’s Sunset » qui conserve la « ligne claire » d’un bout à l’autre et qui est d’évidence faites pour rêver… C’est évidemment propret, un peu BCBG voire raffiné, et puis il y a « Prayer » de Sébastian Sternal, souvent mélancolique et plus sombre dans son écriture, une belle pièce toute en retenue qui est splendide, avec une airelle qui s’envole, et qu’on aime suivre là-haut…
Bien que ce ne soit pas ce genre de jazz que j’écoute le plus en ce moment, il faut bien en reconnaître la grâce et la beauté…