C'est la première sortie de Bootheswara Records, un label macédonien dirigé par Blisargon Demorgorgon (Valentino Trencev). Le CD a été masterisé par Tim Schuldt (4CN).
La pochette a été réalisée par Ernest Dlutek, et son style est, à mon avis, proche d'un album de reprises de Megadeath.
1> Commençons ce v/a avec Para Halu (Adam Hohmann et Andras Fekete, de Hongrie), qui délivre un darkpsy minimaliste et sec dans Welcome To The Future, résolument orienté vers la pensée. D'habitude, je ne suis pas du genre à m'y retrouver dans ce côté darkpsy sec, mais ici, l'atmosphère mentale contribue grandement à la réévaluation positive à mon goût.
2>En général, lorsque je reçois des retours positifs sur un artiste avant de l'écouter, je les vérifie toujours avec la musique. C'est le cas ici avec Atriohm (Aleksandar Golcev et Leonid Golcev, de Macédoine). D'une certaine manière, Rakija présente une atmosphère similaire à celle d'Ocelot, mais en plus sombre et profond, avec le même feeling délirant et des effets spéciaux tordus. Ce n'est pas du pur style darkpsy, mais plutôt un style narratif sombre et expressif.
3>Traskel (Marcus Ryman, Suède) avec Knas est une belle découverte pour moi. Un lead aigu et tordu, associé à une ligne de basse étouffée, confère une évolution intéressante et intrigante, avec une base commune. Malgré un tempo assez élevé (148), je trouve ce morceau mental et dancefloor.
4> Nouveau morceau et nouvelle orientation avec Encephaloticys (Vasko Velickovski, Macédoine) – Red Ball, cette fois-ci le registre est plus apocalyptique et intense. Pas grand-chose à dire, c'est une musique purement planante, profitez-en…
5> Astrometrix (Moshe Ivan d'Israël) offre un son digne d'Atriohm dans Killogram, une production similaire à celle d'Ocelot. C'est très tordu, avec beaucoup d'effets, et une ambiance cosmique et robotique-satellite. On y retrouve notamment la marque de fabrique d'Ocelot : un lead qui s'effondre constamment, et je dois avouer que j'adore cette astuce aussi !). Néanmoins, je ne considérerais pas Astrometrix comme un simple clone, car il possède sa propre rythmique. De plus, la construction de son break est complètement différente à 2'50 (il va plus vite que la plupart des breaks classiques).
6> Baphomet Engine (Luis et Fabio du Brésil) offre ce qu'ils produisent habituellement : un darkpsy intense et rapide. Dans No Room, je suis content car ce n'est pas aussi sec que d'habitude, c'est même plus hypnotique, groovy et déjanté. J'ai l'impression de devenir un ordinateur au bord de l'explosion. Un morceau dancefloor hypnotique, rapide et puissant. Attention, l'écouter trop longtemps ne peut qu'endommager vos toxines.
7> Blisargon Demogorgon vs Stranger (Stephanos Gkokakos) pour Cosmic Dance Of Shiva, une production sombre et linéaire pour moi. La ligne de basse, en effet, est plate, roulante et très oppressante. C'est sans aucun doute très psychédélique, mais pour une raison ou une autre, ce n'est pas mon goût. Je tiens à préciser que ce morceau est davantage dédié aux fans de Parvatti, Doof et autres labels de psytrance psychédélique (peut-être vous, selon moi).
8> Phobos Azazel (Darko Noveski de Macédoine) – Ninth Gate « Abandonned Noise remix » (Elena Simonovska & Valentino Trencev) nous propose une production darkpsy corrosive, avec des synthés agressifs et torturés, accompagnés d'un lead plaintif. C'est probablement le morceau le plus charnel du CD.
9> Tryambaka (Tiago Pimentel du Portugal) a composé le morceau le plus coloré de ce disque, ce qui en fait aussi le morceau le plus joyeux de Surreal Detachment. En contraste, la philosophie du résultat, antagoniste, est comparée au reste de la compilation, qui pourrait se résumer ainsi : « De l'obscurité naît l'obscurité, et de l'obscurité, si la vie y réside encore, un jour émergera le résultat clignotant, composé de lumières jaunes et brillantes.» Au début, ça fait mal, c'est normal, ça signifie que vous êtes encore en vie, et la douleur physique disparaîtra rapidement :).
Climax (***) : 3-6-9
Favoris (**) : 2-4-5-8
Outsiders (*) : 1-7
Ce premier album V/A propose un large éventail de productions darkpsy. Il est éclectique, allant du mental au dancefloor endiablé, en passant par des productions apocalyptiques, plus mélodiques ou colorées. Il est également diversifié sur le plan artistique et géographique (Macédoine, Suède, Israël, Brésil, Portugal, Hongrie). Si Bootheswara Records maintient cette qualité et cette diversité, il devrait s'attendre à une longue carrière dans le monde de la musique.