Je viens à l'instant de terminer l'album, et j'écris cette critique à chaud tout en le réécoutant. "Surrender" est le genre d'album qu'il est quasi impossible de juger sur le coup de la découverte. Il est recouvert de cet aura de mystère, de ce voile impénétrable, qui paralyse un instant le jugement critique. Je ne sais pas vraiment si je peux dire que j'ai "aimé" cet album, mais ce qui est certain c'est qu'il m'a fait vivre une véritable expérience sonore.
Par moment, l'écoute est presque désagréable, comme celle de la première piste, "Ass drone", remplit de sons ultra-saturés et dissonants. Le son du saxophone semble se confondre avec le vol d'une fusée gigantesque, ou le bruit d'un paquebot immense. Puis progressivement, l'album acquiert une dimension de douceur et de grâce, en tout cas tel était mon sentiment. C'est une transition imperceptible, inexplicable, ineffable. Et alors on atteint des sommets de beauté, comme sur "High" et surtout "Through", dont les percussions évoque un cheval sauvage au galop dans une steppe mongole (oui je vais loin).
L'accoutumance au son si particulier de Bendik Giske peut être lente, mais une fois qu'on accroche, on n'en ressort plus....