Sutras aurait sans doute été acclamé par la critique s'il avait porté le nom d'un jeune prodige : quinze vignettes folk, délicates et toutes en retenue, dépeignant un univers romantique et mystique. Mais Donovan, ce vieux hippie ? Allons, il n'a rien fait de bon depuis Mellow Yellow au moins...
Cet album est loin d'être parfait, mais c'est un cas typique de tout dépassant la somme des parties. Les chansons les plus faibles s'écoulent parfaitement bien entre les meilleures : je retiens Please Don't Bend, Give It All Up, Everlasting Sea, Nirvana, Eldorado et Be Mine.
Rick Rubin a fait autant de bien à Donovan qu'il en avait fait à Johnny Cash ; dommage que l'un soit resté oublié quand l'autre recevait enfin la reconnaissance qu'il mérite.