Weather Report – Sweetnighter – (1973)
Pour continuer avec la formation Weather Report côté bons albums, il ne faut pas passer à côté de ce « Sweetnighter » plutôt honorable, qui se vendit d’ailleurs plutôt bien, distribué à peu près partout, à l’époque le jazz-rock était à la mode, ce qui permit à quelques bons groupes, ainsi qu’à d’autres plus discutables, de surfer sur un beau matelas de dollars.
Il faut dire que le genre était revivifiant et ce mélange électrique avec des sonorités jazz était vraiment bienvenu, mais, curieusement, Weather Report ne contenait pas de guitariste soliste, ce qui était une particularité, mais n’handicapa cependant pas la formation qui faisait sans, Zawinul y trouvait une trouée où il pouvait user de ses effets.
Côté compo on se partage le travail, Zawinul met le paquet avec le titre d’ouverture de chaque face, l’excellent « Boogie Woogie Waltz » et le tout aussi bon « 125th Street Congress », il assure le bougre et jamais on ne pourra lui enlever ça, il signe également « Adios », un poil en dessous.
Wayne Shorter signe « Manolete » et « Non-Stop Home », les deux sont également magnifiques, et Miroslav Vitous marque un gros coup avec « Will » au milieu de la seconde face, c’est ce qui fait le charme de cet album, de très chouettes compos bien arrangées, qui baignent toujours dans cette atmosphère ouatée, plutôt atmosphérique, mais bien plantées au sol, grâce à une rythmique solide qui offre une sérieuse assise aux solistes, qui partagent équitablement les solos et gardent un équilibre idéal.
Pourtant il y a un fossé entre ce travail de studio très propre, et la folie créatrice du live, pleine d’improvisations et de démesure, mais il faudra oublier. La petite histoire raconte que c’est Zawinul qui fit appel aux invités, le batteur Herschel Dwellingham et le percussionniste Muruga Booker, pour enraciner le groove, ce qui va bien quand même.
Mais il fit venir également Andrew White pour jouer du cor anglais, mais ce dernier a également pris la basse sur trois titres de l'album, tout ce qu’on peut dire c’est que c’est le dernier album avec Miroslav Vitous, qui arrêtera là l’aventure… « Will » penche stylistiquement sérieusement du côté de la première face de « I Sing The Body Electric », par ailleurs.
Ce qui est sûr c’est que Weather Report a encore quelques belles pages à écrire !