Matthew Shipp String Trio - Symbolic Reality
Trois que l’on connaît ici rassemblés, c’est en effet l’heure du Matthew Shipp String Trio, avec au piano le leader, à la contrebasse Monsieur William Parker et, au violon, on en a parlé il n’y a pas longtemps avec Joëlle Léandre, Mat Maneri !
L’album date de 2019 et il est sorti sans surprise sur RogueArt, une nouvelle fois c’est un grand album, on ne sait plus trop quoi dire à force de louer ces musiciens, ici c’est la cohésion quasi télépathique qui prédomine, tout s’enchaîne avec une logique et une sensibilité qui semble aller de soi.
Pourtant rien d’évident en fait, mais il se trouve que dans le choix des possibles tout colle et tout va, les cordes sont un peu en vedettes, c’est vrai, sur « The Other Universe » par exemple c’est tout simplement fabuleux cette complémentarité, tout coule, mais par bonheur ça grince également, sur le pincement de la corde, le frotté de l’archet et la pièce se termine en course folle, faramineux !
Matthew Shipp, souvent percussif, entre Cecil Taylor et McCoyTyner, Lennie Tristano et Andrew Hill, entre free et post bop, avec des idées plein la tête, joue des discordances, invente et innove sans cesse, trouvant des échos, des relances, chez ses partenaires, une alchimie subtile prend forme, puis, quarante-six minutes plus tard, tout s’éteint et ne reste plus qu’un flash, l’impression de n’avoir pu saisir cette musique, qui file et se prolonge au gré des formations et des albums.