François Jeanneau – Techniques Douces (1977)
Enregistré en soixante-seize voici le second album de François Jeanneau sorti sous son nom. C’est un musicien français alors très connu, particulièrement pour ses performances free qui l’identifièrent et le firent connaître, et surtout pour son appartenance au groupe pop Triangle, qui demeure l’un des meilleurs groupes pop français.
Mais c’est sans doute sous son nom, et avec un entourage de musiciens hors pair qu’il enregistra ses plus beaux albums. A l’époque ses enregistrements se trouvaient facilement et se vendaient bien, cette facilité d’accès ne l’aida pourtant pas sur un marché qui avait tendance à déprécier les « locaux » qui sortaient un peu du rang, pourtant il a enregistré de magnifiques albums et participé à de belles aventures musicales.
Cet album-ci résume pas mal des qualités que l’on trouve dans le jazz français un peu « mainstream » de cette époque-là, ceci dit tout en respectant cette recherche mélodique, ce goût des belles compos et de la parfaite mise en forme par de fabuleux musiciens. Ici François Jeanneau joue des saxophones, Jean-François Jenny-Clark de la contrebasse, Michel Graillier du piano et Aldo Romano de la batterie.
Ils sont tous les quatre parfaits et, quand ils tempêtent comme sur « Héliodanse », ce n’est que plaisir, J.F. Jenny Clarke est tout simplement au meilleur de sa forme et Jeanneau n’a plus qu’à lâcher la bride et se laisser guider par ce superbe attelage ! « Le Lynx », la pièce suivante de cette face B est également chaude, avec le free qui fait une brèche et les impros qui défilent à grands vents, Jeanneau en tête qui se souvient de Trane, puis Aldo en solo !
Ensuite il y aura l’album « Ephémère », puis le superbe « Akagera » avec Henri Texier et Daniel Humair dont il faudrait que je vous parle…