Avec son premier album éponyme sorti en 2008, le groupe américain Cage The Elephant s'était créé une solide réputation de jeunes premiers dans le milieu du garage-rock. À l'aide de guitares crades et de rythmes blues-rock entêtants, on les voyait déjà en dignes sauveurs de la relève du rock. Enfants bâtards des Black Keys, c'était tout naturellement que le groupe devait être amené à travailler un jour avec Dan Auerbach, brillant leader du groupe susnommé et producteur (de génie) à ses heures perdues. C'est chose faite avec cet intriguant Tell Me I'm Pretty. Et là, c'est la révélation...
Enfin, une révélation assez originale. Alors qu'on aurait pu s'attendre à une production volontairement sale, à l'aspect brut et aux guitares saturées, il n'en est rien. Au contraire, le disque est sobre, épuré, mélodique et... mélancolique. Originaire du Kentucky ? À l'écoute de cet album, on jurerait que le groupe sort tout droit des bas fonds de Manchester, et copinait dans les pubs crados underground de Londres avec les Arctic Monkeys. Aidé par des paroles plus matures, axées sur la dépression ou la solitude, Cage The Elephant nous embarque dans un tourbillon british-pop très classe, avec quelques mélodies envoûtantes et un chant plus travaillé. Au niveau des arrangements, la part belle est faite aux guitares sèches, et on se surprend parfois à y trouver l'influence d'Arcade Fire et de leur bien-aimé Funeral.
Au final, Cage The Elephant qui a bien compris le besoin de renouvellement et l'évolution constante nécessaire à apporter au sein d'un groupe, délivre ici une partition peu surprenante mais efficace. Le disque, sans nul doute, aidera davantage à asseoir un peu plus leur statut d'étoile montante du rock actuel.