Fire! – Testament – (23-02-2024)
Bonjour !
Je vous mets la date de parution avec précision, car si j’en crois la page bandcamp qui concerne cet album il est déjà épuisé, enfin pour ce qui concerne les formats physiques, car côté immatériel, ça roule encore ! Pour l’heure on peut le trouver assez facilement sous ses trois formes, sur le net.
La formation « Fire! » est tout simplement la formation d’origine, sous la forme d’un trio, du très célébré « Fire! Orchestra » qui donna la leçon avec le magnifique « Echoes » en deux mille vingt-trois. Ainsi on retrouve l’incroyable Mats Gustafsson au sax baryton, John Berthling à la basse et Andreas Werlin à la batterie. Les trois sont également les compositeurs des cinq pièces gravées les quatorze et quinze décembre deux mille vingt-deux, regroupées sur cet album.
La formation suédoise existe depuis deux mille neuf et a laissé pas mal de traces phonographiques qui méritent certainement un petit coup d’oreille. Pour ce qui concerne cet album c’est surtout la section rythmique qui impose sa marque. Les deux nous proposent un package bien carré, taillé serré, très répétitif, solide de chez « Made in Sweden » par nos fils d’Odin !
Donc ça rigole pas, nous voilà très loin des fioritures des magiciens du jazz qui nous éblouissent habituellement, du précis et de l’efficace, bien formaté côté rock et côté béton. L’excellente prise de son fait le reste, la sécheresse de la batterie, les vrombissements de la basse, tout y est, Mats, tu peux te lâcher !
C’est ça l’idée, offrir à Gustafsson, une assise rythmique sans faille, pour que rien ne dépasse, lui s’occupe du reste, il sait faire, normal c’est un génie. Il connaît la science des runes et a bu une gorgée d’hydromel, à la source de la poésie et de la musique. Les nains, les meilleurs artisans des mondes, lui ont forgé son saxophone. C’est ainsi qu’il traverse les temps, immortel changeant de forme en se réincarnant, comme l’indique la prophétie du vieux grimoire, en attendant que n’arrive le Ragnarök.
Trois musiciens, trois instruments, aucun ajout et une prise de son directe, sur bande analogique, dans le studio de Steve Albini. On touche l’essentiel, la bonne énergie, la basse, la batterie, le baryton. Ça paraît simple, dit comme ça, mais si ça l’était, nous ne serions pas là, extasiés, à en redemander encore…
C’est que dans cette ossature qui semble compacte, s’infiltrent des silences, des légèretés, des curiosités et des bizarreries qui vous happent, comme des flottements, du flou mystérieux et de la fragilité, juste ce qu’il faut d’incertitude pour que la magie opère à nouveau…