Quand on parle d'un moment où Lil Wayne est imbattable, la période la plus évidente serait celle entre le deuxième et troisième Carter. L'artiste commence ici à façonner sa légende en continuant une des séries les plus marquantes du rap américain.
Ce qui frappe immédiatement, c'est bien sûr la qualité du rap: Lil Wayne a complètement changé de niveau sur cet album et a une multitude de nouveaux flows et de nouvelles voix et, tout comme son modèle Jay-Z (que j'ai l'impression de citer chaque jour), il a arrêté d'écrire. Au niveau des productions et de la construction du projet, la barre a été mise très haute: on a ici des morceaux très forts comme l'énorme single Fireman mais aussi des messages très marquants comme «Best Rapper Alive» que le rappeur s'amusera à clamer le long de l'album. Jay-Z (oui encore) étant à la retraite à ce moment là, Wayne a en plus sans doute raison. Il est aussi bien sûr facilement remarquable que l'on est bien sur un album de chez Cash Money quand Lil Wayne clame «Money On My Mind» et on ressent donc bien la présence de son mentor Birdman (qui apparaît aussi sur I'm a D-Boy à la fin de l'album). Même au niveau des approches pop, Dwayne sait y faire: il invite Robin Thicke (qui n'est pas du tout encore le Robin Thicke de Blurred Lines) sur le superbe Shooter.
Finalement, cet album est une démonstration de rap. Wayne maîtrise complètement son art dans tous ses aspects sur Tha Carter II et c'est un plaisir de l'écouter sur ce long album (ce n'est même pas un défaut ici tant on s'amuse). Je n'arrive pas à savoir si je le préfère au troisième Carter donc dans le doute, je choisis les deux.