Décidément, ce Timbaland est un sacret taré, il n'y a pas à dire ! Un musicien capable de tout nous faire, de l'excellent au médiocre, en passant par le juste correct.
Mais il faut croire que le beatmaker a besoin d'être bien accompagné pour se motiver un peu et se sortir les doigts du derrière. Si l'on prend l'exemple du très décevant "Shock Value 2", on pouvait quand même constater que le meilleur track du skeud comporte un duo signé avec Timberlake. Je parle du très efficace "Carry Out".
Le taff' était déjà dingue sur le précédent opus du chanteur à la voix douce. Les productions sont variées, entraînantes, entêtantes. Mais on reste dans un univers très Pop, très coloré, jonglant parfois avec des rythmiques Hip-Hop, avec des boucles pianotées efficaces et des percutions lourdes.
Un album qui n'a pas pris une ride, sept ans après sa sortie, ce qui en certifie la qualité.
Alors à quoi devait-on s'attendre à l'écoute de cette nouvelle galette, décrit comme une "expérience" sensorielle parfaite (pour les yeux, mais pour les oreilles...) ? Disons qu'à l'écoute du premier single "Suit & Tie", ça sentait l'expérience ratée... Un titre fade, limite agaçant à l'usure, avec un Jay-Z lourd et soporifique dans le flow... Le très beau clip de Fincher équilibre le produit, mais comme précisé plus haut, il s'agit avant tout d'un produit musical et non pas visuel.
Mais au final, ce premier single n'est pas un titre reflétant la réelle identité du skeud. A vrai dire, Timberlake nous revient avec un album plus expérimental, plus varié dans les influences, les sonorités et dans l'esthétique auditive. Et au final, "Suit & Tie" sonne comme le titre le plus « commercial » de l'album, ce qui justifie son utilisation promotionnelle.
L'album de 70 minutes se décompose en 10 morceaux, ce qui donne un aperçu de la longueur respective des tracks. Une longueur plus ou moins justifiée, selon la qualité des productions. Car là est le problème... La tracklist reste assez inégale, jonglant avec des univers singuliers ("Pusher Love Girl", "Don't Hold The Wall", "Tunnel Vision", "That Girl") et des mélodies un brin agaçantes et usantes ("Strawberry Bubblegum", "Spaceship Coupe", "Let The Groove", "Mirrors"), où la voix mielleuse de Justin finit par nous fatiguer... De fait, il aurait été judicieux que les deux titres de la version Deeluxe soient inclus dans la sélection finale de la tracklist, car se sont deux morceaux intéressants qui auraient eu une place privilégiée. Le très entraînant "Body Count" (dont la prod' sent le Neptunes à plein nez) en est un exemple parlant.
Au final, on est face à un produit de qualité, malgré quelques inégalités. Timbo' nous balance son génie artistique en plein visage et Timberlake témoigne de son exigence musicale.
Il montre également que la période du chanteur à minettes est bel et bien révolue. Aujourd'hui, Justin est un artiste, qui peut se permettre une grande parenthèse cinématographique (où il fait ses preuves avec brio), tout en revenant sur la scène musicale sept ans plus tard, en nous démontrant qu'il est toujours dans le coup. Et ça, c'est déjà un signe de talent.