Pour évoquer le free, voici un des tout meilleurs albums dans ce style, certifié pépite du genre cuvée 1969, enregistré aux Studios « Bell Sound » de New York. Pourtant l’album ne paraîtra qu’en 1972, mais c’est de peu d’importance, cette musique, pourtant si ancrée dans son temps, est de toute évidence intemporelle. Pour tout dire elle me parle directement, comme si elle ne s’adressait qu’à moi, comme à un élément singulier d’un grand « tout » universel. Pas de mégalo, étant entendu qu’elle s’adresse à tout ceux qui font la démarche, le premier pas…
Un album essentiellement post-coltranien, avec une riche identité et des musiciens exceptionnels. Je vous ai déjà parlé de Noah Howard lors du magnifique album « Live In Europe - Vol. 1 » qui mérite beaucoup plus qu’une simple écoute de « Olé ». Il compose les quatre titres ici et joue de son alto magique. L’autre phénomène ici, c’est l’incroyable Arthur Doyle et son ténor dont il réinvente le son, en lui faisant décliner toutes les variations du cri, l’expérience est unique, à vivre ici.
Earl Cross à la trompette, en telle compagnie, ne peut que se dépasser en offrant le meilleur de lui-même, il se hisse, géant ! Leslie Waldron est incroyable au piano, l’impeccable Norris Jones à la basse, le frère de Rashied, Mohammed Ali à la batterie et Juma Sultan aux percussions, c’est bien celui qui joua aux côtés de Jimi Hendrix.
Perso j’aurais tendance à qualifier un tel album de chef d’œuvre, et d’y entendre plus de « spiritual music » et de sincérité qu’ailleurs.