Donald Byrd – The Cat Walk – (1962)
Après avoir exploré une petite partie du label Prestige, plus particulièrement autour du « jeune » Coltrane, quelques personnalités se sont démarquées par leur omniprésence, et, parmi elles, Donald Byrd n’est pas la moindre qui se soit mise en évidence.
Voici donc un album attaché au début des années soixante, qui mérite un petit détour, en particulier par la collaboration qu’il met en œuvre avec l’un des pianistes « Blue Note » les plus remarquables, Duke Pearson. En effet ce dernier compose trois pièces qu’il signe de son nom, ainsi qu’une quatrième qu’il co-signe avec Donald Byrd « Each Time I Think Of You ».
Donald Byrd, quant à lui, signe le morceau titre « The Cat Walk » qui siège en début de face B, une chouette pièce autour de la fascinante démarche du chat, que l’on imagine se déplacer avec toute la grâce requise, tel un prince paresseux qui en sait long sur l’ordre des choses. Quant à la dernière pièce, « Cute » elle est signée Neal Hefti.
Côté musicos il faut également souligner l’apport considérable du remarquable Pepper Adams au baryton qui est exceptionnel, c’est un collaborateur fidèle et efficace de Byrd sur plusieurs enregistrements qui les réunissent entre cinquante-huit et soixante-deux. Sa participation sur cet album est certainement l’une des plus notables.
La rythmique est complétée par le bassiste Laymon Jackson et Philly Joe Jones que l’on ne présente plus est à la batterie. Cet album réunit tant de critères positifs qu’il semble « tourner tout seul », les pièces se succèdent avec un bel entrain depuis l’excellent « Say You’re Mine », le titre d’ouverture où s’entend la trompette bouchée de Byrd, ainsi que sur le titre de fermeture « Hello Bright Tournesol » absolument remarquable, la sourdine fait merveille et envoûte, complétée tendrement avec la sonorité suave de Pepper Adams.
Un très chouette album de hard bop qui sera très certainement appelé à tourner de nombreuses fois auprès des amateurs, pour peu qu’il arrive à leurs oreilles.