Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Antediluvian a bien pris son temps pour accoucher de son troisième album, même s’ils n’ont pas chômé pour autant depuis λόγος (2013) avec un EP et différents splits sortis régulièrement.


On peut maintenant dire que le groupe canadien, qui affiche un line-up stable depuis quelques années autour de Haasiophis, Mars Sekhmet et Aedh Zugnan dispose de trois œuvres longue durée de caractère.

Car si Through The Cervix Of Hawaah proposait un black bestial au riffing plutôt accrocheur, λόγος faisait dans le chaotique, limite hermétique. The Divine Punishment est l’album de l’expérimentation, qui tranche radicalement avec le côté très épuré qui est de coutume dans le style du groupe. On retrouve des samples, des chœurs, pas mal d’instruments inhabituels chez eux (violon, claviers), les compos sont parfois extrêmement longues, le chant bien plus varié. Exemple flagrant, le premier morceau, qui m’a désarçonné tant il cumule d’éléments qu’on ne trouvait pas avant dans la musique d’Antediluvian, et ce sur presque dix minutes. J’avoue que la toute première écoute m’a laissé quelque peu perplexe, voire méfiant par rapport à ce qui allait suivre. Mais à l’instar de tout ce qu’ils ont produit jusqu’à présent, il faut un temps d’adaptation pour comprendre l’essence de l’œuvre, avec un concept parfois assez poussé (ce qui semble être une nouvelle fois le cas ici).


Au final, on se replonge volontiers dans l’univers tortueux et vicieux d’Antediluvian, car The Divine Punishment s’avère être des plus immersifs, même si pas aussi accrocheur que les précédents albums.

Antediluvian est de ceux qui arrivent à faire évoluer leur musique en donnant l’impression (à première écoute, tout du moins) de faire toujours la même chose ; un réel tour de force.

J’ai particulièrement apprécié ici l’emphase mise sur la partie ambient, comme sur le titre Guardians Of The Liminal qui intègre particulièrement bien cette composante. Et reste l’amusante intro de Temple Prostitute, pour ceux qui n’avaient pas pigé de quoi ça causait ici.


Le groupe canadien propose à nouveau une œuvre fascinante, pour laquelle mon admiration va grandissante au fil des écoutes. Clairement à mes yeux une des formations les plus intéressantes de la scène extrême actuelle.


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Man_Gaut
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le 12 avr. 2025

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Man Gaut

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