Voici « The Dreamers » un des projets les plus « Easy Listening » de la part de John Zorn, du coup l’album est devenu clivant, soit adoré, soit détesté, bien qu’il ne mérite pas ce dernier sort, pour ma part je n’hésite pas à me ranger du côté de ceux qui aiment et qui admirent.
Déjà Zorn a sorti « La grosse Bertha » appelant les musiciens du groupe Electric Masada à la rescousse, Marc Ribot à la guitare, Jamie Saft aux claviers, Joey Baron à la batterie, Trevor Dunn à la basse, Cyro Baptista aux percus et Kenny Wollesen au vibraphone, Zorn joue de l’alto sur un titre.
De la musique populaire donc, et fière de l’être, John revisite les genres avec gourmandise, justesse et un talent roué. Un grand voyage s’ouvre à l’auditeur, ça démarre à Hawaï avec de la « surf music », continue vers les musiques de film, des ambiances à la Ennio Morricone, il semble que l’on croise Carlos Santana au travers d’un miroir déformant, la world music, la musique de dessin animé, le minimalisme, l’exotica, le funk, le rock, le klezmer, tout y passe, la galerie des styles et des genres défile à grande vitesse et s’exécute avec un talent immense.
« Tout est bon chez lui, y’a rien à jeter » pourrait-on penser à l’écoute de cette exécution parfaite, qui soigne les détails, même le packaging est dans le ton, c’est là le savoir-faire et le grand professionnalisme de tzadik, l’artwork contient une plaquette d'autocollants représentant des personnages dessinés par la designer Heung-Heung Chin.
Un album grand public de Zorn qui, malgré cela, ne plaira pas à tout le monde…