Jay Jay Johnson – The Eminent Jay Jay Johnson, Volume 2 – (1956)
Jay Jay Johnson, né James Louis Johnson, obtint son surnom grâce aux deux « J » qui commencent son prénom et son nom, ainsi il est également noté « J.J. Johnson », nom sous lequel il figurera de nombreuses fois sur les nombreux albums Blue Note auxquels il a participé.
Dans les années cinquante il est très recherché, étant l’équivalent de ce que représente un Charlie Parker au saxophone alto, ou un Dizzy Gillespie à la trompette ou encore un Max Roach à la batterie, pour situer le niveau et la place du gars. Ceci dit, lui, sa spécialité, son domaine de prédilection où il excelle et se montre inégalable, c’est le trombone, l’instrument où il règne sans partage, tout au long du règne be-bop, taquiné, petit à petit, par l’arrivée de Kai Winding ou de Bennie Green, avec lesquels il enregistrera…
A l’origine la série « The Eminent Jay Jay Johnson » comprendra trois volumes, qui tous les trois sortiront en mille neuf-cent cinquante-cinq. Mais dès l’année suivante, le jeu des rééditions bouleversera les cartes, et les titres se modifièrent au gré des sorties, jusqu’à obtenir l’ensemble des titres, avec des inédits et, surtout, la globalité des différentes sessions dans l’ordre chronologique d’enregistrement, ce qui correspond à ce que demande le public.
Ici, par exemple se trouvent deux sessions historiques intégrales, celle du vingt-quatre septembre mille neuf cent cinquante-quatre, avec, outre le leader, Wynton Kelly au piano, Charles Mingus à la basse, Kenny Clarke à la batterie et Sabu Martinez aux congas, qui enregistrent six titres. La seconde session est celle du six juin cinquante-cinq, avec Hank Mobley au sax ténor, Horace Silver au piano, Paul Chambers à la basse et Kenny Clarke à la batterie, six pièces sont également enregistrées, avec un ajout de trois versions alternatives, de quoi enrichir l’album jusqu’au max enregistrable sur un CD.
Tout s’est déroulé selon l’ordre des choses, au mythique et vénéré « Van Gelder Studio », à Hackensack, dans le New Jersey, tous les musiciens trimballés par taxis avec quantité de sandwichs et de provisions diverses, de quoi tenir jusqu’à ce que tout « schwing » comme disait le producteur Alfred Lion, ou plutôt « Swing » comme il aurait fallu dire, et qu’enfin, à ces mots, les sourires éclaircissent les visages, preuve que les albums étaient parfaits, dignes des autres Blue Note !
Alors c’est du be-bop pur jus et authentique, un morceau de l’histoire du jazz, comme l’ensemble des autres lors de cette période bénie. S’il faut être un poil pignouf, on pourrait accorder le point à la seconde session, grâce à Hank Mobley très tranchant et Horace Silver royal, mais de très beaux titres tout de même sur la session Mingus, Kelly.
Sur cette dernière on remarque « Jay » sur tempo rapide, signée par le tromboniste, et « Time After Time » sortie en quarante-sept et très remarquée dans le registre de la variété, Sarah Vaughan l’a interprétée, elle contient un superbe solo de J.J. très en verve.
Lors de la seconde session on peut apprécier le standard « Pennies From Heaven » ici un peu chamboulé, avec J.J. qui utilise une sourdine et Hank mobley très chaud. « Groovin’ » est plein de groove et swing un max avec un gros feeling tout du long, Horace Silver y prend la part du lion dans un style résolument moderne pour cette période.
Un sans-faute !