Au coeur d'une décennie tourmentée pour le "Kid de Minneapolis", qu'il faut alors arrêter d'appeler par le nom que tout le monde utilisait et que tout le monde continue d'utiliser parce que son nouvel alias est imprononçable (vous me suivez toujours ?), "The Gold Experience" apparait toutefois comme l'une de ses oeuvres majeures des années 90 princières.
Situé entre le décevant "Come" et le bien nommé "Chaos and Disorder", cet opus vient nous rappeler l'artiste majeur qu'est Prince. Certes imparfait, ce disque est ponctué de tout ce que l'on peut apprécier dans la discographie pourpre. Une pincée d'envolées lyriques, un tube et surtout un groove et une bonne dose de rythmes déchainés que seul le New Power Génération sait suivre, et avec succès.
Si la chanson introductive "P.Control" nous laisse de marbre, le NPG reprend les choses en main sur l'inflammable "Endorphinmachine", indissociable de son interprétation live à Nulle Part Ailleurs (cadeau : https://www.youtube.com/watch?v=oeAKV4nY1yk) et de "Shhh", longue ballade, interdite aux mineurs.
"The Most beautiful Girl In the World" prouve que Prince (ou plutôt O+>) sait toujours faire des tubes. Son plus grand succès de la décennie à défaut d'en être le meilleur échantillon.
Mais le zénith, le climax de cet album se situe dans l'enchainement "Billy Jack Bitch", "Eye Hate U", "Gold", avec une nette préférence pour celle du milieu. Un moment délicieux où la qualité musicale couplée à la voix magique de notre serviteur ne peut que nous faire regretter son départ précoce, quel que soit le nom du moment.