PainKiller – The Great God Pan – (2025)
Il attendait depuis quelques jours, le dernier volet de la trilogie, après « Samsara » et « The Equinox », voici « The Great God Pan » inspiré en partie de la nouvelle gothique d’Arthur Machen qui porte ce même nom. On retrouve le même trio de musiciens, Laswell, Harris et Zorn, basse, batterie et sax alto réunis qui nous livre ici une partition un peu différente.
Il y a toujours ce ressenti un peu « malsain » qui colle aux basques, mais il est plutôt dilué dans une sorte d’ambiant très sombre, les textures qui entourent la musique sont un peu moyenâgeuses, circulaires, elles tournent et vous égarent, un drone au loin va et vient, s’en va puis revient, laissant comme une impression légèrement angoissante qui vous accompagne et vous suit…
C’est encore Zorn qui brise faussement les effets anesthésiants, en cassant de temps à autres la douce torpeur qui vous saisit et vous emmène, « Ercildoune » vous tend les bras et vous offre une sorte de paix qui vous est promise, pendant presque vingt-cinq minutes, vous voilà pris, sans véritable résistance, piégé ?
« Secret Sins » prend le contre-pied total de la première pièce, Zorn s’empare du cri et semble vouloir sonner l’alerte, mais tout cela ne dure que le temps de quelques secousses, et les forces sombres, englouties et anciennes se font à nouveau entendre, elles se répandent même, venues du profond, des nappes souterraines, elles sont la force et la puissance, lentes et visqueuses, elles serpentent avec lenteur guidées par le mal, la fatalité et le remord…
L’alto se soumet, gronde à peine, semblant chercher quelques forces, se nourrir un peu et rugir encore, le temps d’un souffle, d’une secousse, dernières saccades, dernières gouttes de la semence, sont-ce là les effets des péchés anciens ? Voici venir l’heure aigre des regrets, alors que la vie se meurt, ridicule, en un misérable clapotis…