The Hawk Is Howling est le premier pas de côté de Mogwai. La sobriété payante de Happy Songs For Happy People et les nouvelles directions prises par Mr. Beast, petite gifle infligée aux codes évidents et prévisibles du post rock, n'avaient fait que conforter Mogwai dans son statut de groupe qui compte.
Curieusement, dans The Hawk is Hawling ces derniers tombent dans des pièges qu'ils avaient jusqu'alors parfaitement évités !
D'abord, les morceaux s'étirent ainsi en longueur quand les meilleures idées sont toutes jetées dans les premières minutes ( "The Sun Smells Too Loud" aurait été brillant s'il avait duré deux fois moins longtemps, "Danphe And The Brain" s'encombre d'un final interminable et prévisible).
Ensuite, le talent mélodique de Braithwaite et cie, qui suffisait avant à rendre un album magnifique sans quasiment le moindre effet (cf. la BO de Zidane) se perd ici dans le conventionnel ou le déjà vu ("Local Authority", "Kings Meadow").
Comment ne pas évoquer aussi leur maîtrise du bruit, ici caricaturée dans le pénible "Batcat", (évident et) pâle petit frère du génial "Glasgow Megasnake", pure démonstration mélodique, à l'intensité dramatique hallucinante ?
The Hawk Is Howling se serait apparenté à un véritable échec sans la présence d'un énorme "Scotland's Shame", qui se rêve et s'accomplit en classique instantané. Reconnaissons aussi que les beaux "I'm Jim Morisson, I'm Dead" et "Thank You Space Expert", comme le bouillonnant final de "The Precipice" sont là pour prouver que Mogwai vaut bien mieux que cette vraie fausse compilation de dix ans de carrière.