2nd opus de Marcus King, l'album est l'archétype du Soul Blues :
- voix langoureuse typique de la Stax de Memphis,
- tempo plutôt lent,
- présence de cuivres (trombone ou trompette),
- chansons essentiellement sur l'amour (le blues a du mal à être créatif...).
Il faut vraiment être fan du genre pour supporter le début de l'album.
A croire que l'excellent guitariste qu'est Marcus King en gardait sous la pédale.
Il faut attendre le 6ème titre pour le 1er solo de guitare (The man you didn't know), titre essentiellement musical pendant une longue intro de 3mn.
Donc de la soul, encore de la soul !
Sauf pendant une succession impromptue de 3 morceaux intéressants :
- un petit air de country au 9ème titre, agrémenté d'un clavier digne d'un saloon de Caroline du Sud.
- Du jazz sur un air de flûte et de guitare au 10ème titre, qui semble sorti de l'inspiration de Alice Coltrane. Thespian Espionage est à coup sûr l'un des 2 morceaux les plus réussis... mais finalement si loin du Blues. A croire que bizarrement Marcus King a besoin de se libérer de l'emprise de la Soul pour donner le meilleur de lui !
- Le second morceau - finalement assez atypique par rapport au reste de l'album - est Virginia.
Et là pour le coup, pendant 6 mn, le Blues sudiste réapparait sous sa meilleure forme : celle de Lynyrd Slynyrd. Avec 2 guitares en bataille dans un très bon duel de solos qui alternent et se renvoient la balle.
Hélas, le petit bonheur porté par la succession de ces 3 titres sympathiques n'aura pas su réveiller l'écoute d'un album finalement bien fade, le groupe reprenant sa Soul peu inspirée.
En conclusion Marcus King n'est sur cet album :
- ni un excellent Soulman,
- ni un Bluesman assumé.