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Fred Anderson - The Missing Link (1979)


Voici le premier album de Fred Anderson, mais bien qu’enregistré en mille neuf cent soixante-dix-neuf, il n’est paru qu’en quatre-vingt-quatre, en vinyle. Les rééditions ultérieures ajoutent un titre supplémentaire composé par le batteur Hamid Drake, « Tabla Peace ». Ainsi l’album comprend trois compos de Fred plus une signée Hamid, on dépasse donc l’heure d’enregistrement, et comme la musique est bonne…


Fred Anderson est né le vingt-deux mars mille neuf cent vingt-neuf, on comprend qu’il n’a enregistré que sur le tard, pourtant il a toujours été actif, épousant le be bop, puis le free jazz. C’est une figure rassurante et paternelle de la ville de Chicago. Il devient un des tout premiers membres de l’AACM de Chicago en compagnie de Roscoe Mitchell, Joseph Jarman et Muhal Richard Abrams. Mais il ne participera pas aux voyages vers l’Europe, et se rattrapera plus tard.


En soixante-douze, il rencontre le batteur Hamid Drake, alors appelé « Hank » qui figure sur cet enregistrement. C’est ce dernier qui lui parle du percussionniste Adam Rudolph, pour remplacer le trompettiste Billy Brimfield qui a fait faux bond au dernier moment. Larry Hayrod tient la basse et bien sûr le leader est au sax ténor.


A ce stade il faut parler d’Ornette Coleman dont l’influence s’entend dans le jeu du vieux Fred, particulièrement sur les passages, ou les titres lents comme « A Ballad For Rita ». Le jeu du saxophoniste est arrivé à maturité depuis bien longtemps, il sait déjà tout faire et sert de guide et de référence pour les musiciens plus jeunes, il en a déjà tant vu !


On comprend également que, s’il est adepte de Trane pour les longues chevauchées, il tient énormément de Coleman pour la sonorité et le phrasé. Son « son » sur l’instrument est puissant et son goût pour l’aventure le pousse à explorer longuement, avec détermination. Il y a « le flow » bien entendu mais également une façon de détacher les notes typiques des anciens boppeurs, c’est un curieux mélange des deux. Pour tout dire il est souvent énorme lorsqu’il lâche les chevaux et devient inarrêtable, comme sur « The Bull » !


Le titre d’ouverture est dans une sorte d’entre-deux, mais on comprend vite à qui on a affaire, car il s’y passe des choses dans ce "milieu", ni lent ni rapide mais toujours juste et percutant, entre Ornette et les audaces de l’AACM. C’est probablement la dernière pièce, « Tabla Peace » la plus surprenante, elle se traîne un peu, répétitive et hypnotique, avec les tablas qui chantent et prennent le rôle des solistes. Fred se détache de son rôle premier, petit à petit, puis nous offre un magnifique et long solo, très cool sur ce délicieux tapis de percus. On croirait entendre la musique de Kahil El Zabar, magnifique !

xeres
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le 16 janv. 2023

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