Encore un peu de pop-korn?
Korn, c'est d'abord ce groupe qui a connu la gloire en se faisant le porte-parole des névrosés en puissance que produit inlassablement l'adolescence, Jon Davis chantant son mal-être illustré par les compositions à base de mélodies lugubres et rythmiques agressives de ses musiciens. La recette a bien marché, le groupe ayant amorcé une certaine évolution à l'aube des années 2000, jusqu'à ce "retour" à la brutalité brute avec Take a look in the mirror.
Depuis, Korn enchaîne les déconvenues : Head, lead guitariste, quitte le groupe, puis c'est au tour de David Silveria, batteur, tandis que les membres restés à bord naviguent dans les eaux troubles et tumultueuse d'une crise identitaire, enchaînant les expérimentations plus ou moins improbables, à base d'indu, d'électro et de retour aux sources bidon qui leur valent des critiques acerbes.
Malgré le retour de Head, ce n'est pas The paradigm shift qui va inverser la tendance. Dès le morceau introductif Prey for me le ton est donné : on retrouve le son gras et brutal du déjà discutable Take a look in the mirror (2003 quand même), sur lequel Davis crie et chante, en prenant bien soin de s'émasculer pendant les refrains tendance radiophonique. On retrouve quelques relents électro/dubstep (Never never notamment) mais globalement Korn ne propose rien de neuf, se contente de s'auto-plagier en proposant 11 titres se ressemblant tous.
Seuls ceux qui n'ont jamais écouté Korn, qui n'écoutent que Korn ou qui écoutent Korn pour ce qu'ils sont plutôt que ce qu'ils font trouveront un intérêt à cet album qui prouve décidément que le groupe n'a plus vraiment l'ambition de proposer un chef-d’œuvre.
(PS : désolé pour le titre.)