Puisque Willie D avait quitté le groupe pendant quelques années et que Bushwick Bill n’avait cessé de répéter dans son précédent album qu’il était "déjà mort" (Already Dead), il fallait bien au moins une résurrection pour retrouver les Geto Boys au complet !
Histoire de remettre les pendules à l’heure direct, l’album démarre avec Still, un morceau d’une violence et d’une noirceur à toute épreuve, difficile de démarrer plus efficacement ! Mais les mecs ont appris à lever le pied, ou en tout cas à faire des morceaux d’apparences plus cools, et on enchaîne ensuite avec The World Is A Ghetto et ses refrains R&B qui donnent un côté tubesque à un titre pourtant réellement sombre :
And little babies sittin’ on the porch smellin’ smelly
Cryin’ ’cause they ain’t got no food in they bellies
They call my neighborhood a jungle
And me an animal, like they do the people of Rwanda
Le reste de l’album est dans la même veine, des couplets puissants et des refrains efficaces, et les morceaux s’enchaînent sans fausse note aucune.
L’année 1996 fut assez incroyable en terme de hip hop, c’est l’année du All Eyes On Me de 2Pac, de Reasonable Doubt de Jay-Z, It Was Written de Nas, ATLiens de Outkast, c’est peut-être pour ça que ce disque n’a pas été instantanément considéré comme un album majeur, il est sorti au milieu de trop de classic albums !
En tout cas, quasiment toutes les chroniques que je lis aujourd’hui confirment ce que je pense depuis assez longtemps : The Resurrection est sûrement le tout meilleur album des Geto Boys.
Et alors qu’on se dit que les sons prennent un petit coup de mou autour de la plage 10, Bushwick Bill, probablement tout juste sorti de l’asile du coin et toujours dans sa camisole de force, nous livre un I Just Wanna Die renvoyant les "gothiques" à leurs études !
Quinze ans après sa sortie, et contrairement à la plupart des autres disques des Geto Boys, cet album n’a pas pris une ride et, pour ma part, s’il ne devait en restait qu’un, ce serait celui-là.
Extrait de l'article Bushwick Bill & Geto Boys dans lequel je chronique tous les albums des Geto Boys et de Bushwick Bill.