The Junipers est à la fois un groupe étrange et envoûtant :
Étrange car ils n'ont pondu que 5 albums (+1 EP) en 18 ans, de 2008 à 2026. Il faut dire qu'après le "Red Bouquet Fair" de 2016 (sans doute leur plus belle réussite), on n'attendait plus rien de la bande de Joe Wiltshire et de Robyn Gibson le long d'une absence qui se voulait sans fin. Et puis, via une réunion pour un remix de leur premier album, l'inspiration est revenue instinctivement. En est sorti l'album "Imaginary Friends" en 2024 * et celui-ci presque dans la foulée.
Envoûtant car ils sont d'une inspiration sans limite, sans vouloir transcender le genre qu'est ce vaste univers de la pop psychédélique et le folk rock californien de la fin des années 60 et du début des années 70. Et ça coule de source, d'une fluidité sans faille avec un sens de l'harmonie qui laisse pantois et à chaque fois sans baisse de régime.
Pour cet album, "Outless" commence au quart de tour avec une mélodie entêtante, une introduction tout aussi inspirante qu'"I saw the light" de Todd Rundgren dans son ambitieux album "Something/Anything". La conclusion de l'album avec "Moments of truth" ose explorer l'univers baroque de Brian Wilson. Beaucoup se sont cassés les dents dans cet exercice de style, mais les musiciens s'en sortent ici avec brio.
Pour le reste, cet album comprend d'autres pépites comme "Meadow song" et son refrain atmosphérique ou "In a maze" et son final mélodique à souhait.
En tout cas, Leicester comprend peut-être la plus belle formation pop contemporaine à fond dans le rétro.
* "Imaginary Friends" n'est d'ailleurs nullement référencé sur SensCritique.