Various – The Stone : Issue One (2005)
Voilà qui va continuer ce périple free et libertaire, à nouveau me semble-t-il pour le meilleur. Au menu de l’impro totale du début à la fin, sans véritable titre, voici ce que ça donne : Introduction, Interlude 1, Part One, Interlude 2, Part Two, Interlude 3, Postlude et Coda. Une grille qui donne aux musiciens une liberté maximale.
Mais avant d’aller plus loin il faut dire que cet album a été enregistré en soutien à la salle de concert, ou peut-être au club, « The Stone », de la scène downtown new-yorkaise, menacé de fermeture pour des raisons financières. Une association a été créée, « Hips Road » en vue de maintenir à flot les lieux, deux cds sont parus, puis un troisième, celui-ci est le premier, avec un tirage limité. Il était vendu trente-cinq $ avec la signature du Sieur Zorn sur la couverture.
Ce dernier joue du sax alto, Dave Douglas de la trompette, Mike Patton est au chant, Rob Burger aux claviers, Bill Laswell à la basse électrique et Ben Perowsky à la batterie. L’enregistrement s’est déroulé en studio et la musique produite est absolument exceptionnelle, quelque chose de fort, puissant, qui pousse très loin les expérimentations électriques entamées il y a très longtemps par Miles Davis, un nom qui revient constamment dans ma tête à l’écoute de ce truc passionnant et indomptable, bien que Miles n’ait jamais mis les pieds dans un bazar aussi free.
Que dire encore ? Sinon qu’une fois de plus la musique emporte, charrie et vous ballote pendant quarante-huit minutes qui passent sans qu’on y prenne garde, il y a des moments calmes, interludes et introduction, d’autres tempétueux, avec Patton qui se lâche, évoquant une certaine animalité, et Zorn qui se prend pour Ayler.
On est ébloui par la qualité des uns et des autres, de tels musiciens sont vraiment hors normes, que ce soit le grand Dave Douglas l’incendiaire, ou Bill Laswell, toujours avec cet énorme son, ou encore Zorn qui se déploie et se lance dans des montées incendiaires. Rob Burger fait le liant et balance un peu d’électro de temps en temps. Perowsky est assez rock dans sa démarche et fait sonner les tambours avec une puissance intraitable.
Encore un album majuscule.