The Unspeakable Chilly Gonzales par Nonivuniconnu
Ce n'est pas nouveau : Chilly Gonzales (ou Gonzales tout court, pour les intimes) est un petit touche-à-tout. Enfin, petit, que ça reste entre nous : pas sûr que l'égo du monsieur apprécierait l'appellation. Gonzales n'est en effet pas du genre à jouer les modestes : il a du talent, et il le sait. Cela dit, être un génie, c'est bien joli, mais si on danse ?
Justement, le canadien ne fait pas de mystère sur sa volonté d'être un « entertainer », un amuseur public. Pas n'importe quel entertainer, cependant. Se définissant lui-même comme un « workaholic », Gonzales innove, pond de l'électro, du hip hop, du piano en solo, du soft rock, un film, de la pop, un record du monde, et décide tout de go d'inventer le rap orchestral. Tout ça pour son public, c'est-y pas beau ça ?
Le résultat, en toute humilité : « The Unspeakable Chilly Gonzales ». Le concept : du rap sans beat, juste la voix de Gonzales posée sur des orchestrations de Jason Beck, son frère. Un album familial en somme, pas de collaboration avec Boys Noize, Feist ou Tiga, cette fois. Avec quel bonheur, me demanderez-vous ? Beaucoup de bonheur pour l'auditeur, assurément. Au niveau des textes, celui qui s'est un temps défini comme le pire MC du monde parle ici de lui et de sa musique, une tendance égocentrique qu'on lui pardonnera aisément étant donné l'émotion qui s'en dégage, sans oublier les touches d'humour savamment balancées. Musicalement, les morceaux sont tantôt enlevés et grandiloquents, tantôt doux voire intimistes. L'album dans sa totalité dure une petite demi-heure, c'est court mais suffisant et, au moins, ce n'est pas indigeste.
Verdict ? « I plant seeds and then they blossom, it's a healty fuckin' beans that's fuckin' awesome ! ». Comprenne qui pourra, toujours est-il que le défi est relevé.