Je commencerai par me citer, gros prétentieux que je suis, mais surtout je commencerai par mettre en évidence ces quelques mots écrits un peu plus tôt, qui pour moi expriment la musique du groupe versaillais AIR : "Ces musiques d'où s'échappent des parfums de mélancolie adolescente, comme une effluve poignante, le lyrisme d'un passage tourmenté à l'âge adulte". Pas aussi tranchant que le son de Nirvana, la musique de AIR évoque magnifiquement l'ineffable adolescent, le tourmenté, le suicidaire, l'inéluctable. Clairement d'inspiration progressive traditionnelle, et plus encore Pink Floydienne ("Clouds Up", "Dirty Trip"...), l'évolution des mélodies parfois déstructurées laissent entrevoir une lumière au bout du tunnel.
Le glauque est présent (Cemetary Party), mais sans complaisance, les lignes de basses guident l'ensemble musical, comme une sorte de fil rouge sous-jacent à tous ces brillants instrumentaux (excepté "Playground Love", du Beatles puissance 4), donnant une grande cohérence à l'ensemble.