Sorte de post-punk lyrique, soit disant inspiré par les bof bof Twilight Sad, la musique des We Were Promised Jetpacks est sans cesse sur les starting blocks, à vouloir battre le record du 100m. Ca démarre à fond les ballons, ça se termine pareil, et dans le genre binaire on peut difficilement trouver plus décomplexé. Vu comme ça, ça n'a rien d'excitant, mais c'est précisément dans cette obstination à rester au niveau CM2 de la mélodie, au bon 4/4 des familles, que le groupe séduit. Comme beaucoup, les jeunes adultes de We Were Promised Jetpacks semblent encore coincés dans une sinistrose adolescente aussi romantique que primaire, mais ça marche.
Ces teintes toutes gris, cette monotonie affirmée (on pourrait même dire exhibée quand on se réfère à la maison glauque de banlieue qui fait office d'artwork) ont un franc goût de reviens-y. Non seulement parce que les mélodies titillent comme il faut la fibre "consumériste" de l'auditeur , et puis aussi parce qu'il y a cette voix. Indissociable de celle d'un illustre îlotier voisin (dont on taira le nom pour éviter l'ulcère), qui versait lui aussi dans le post punk il y a 30 ans, mais qui aujourd'hui remplit les stades sponsorisés par RTL2, l'organe vocal du groupe écossais a le grand mérite de faire décoller des compositions qui, par définition, font du rase-motte pour mieux tracer tout droit.
Le potentiel commercial de These Four Walls est donc évident, mais pour autant le groupe ne cède pas à des facilités de production qui auraient vite fait tourner le projet à la confiture mielleuse. Véritable moteur de ce gros 4X4 boueux et old school, le duo basse-batterie est sublimement mis en avant, et les guitares, écorchées, sales, n'en restent pas moins très précises, et parfois lumineuses. Du bel ouvrage en coulisses, donc, qui apporte un charme non négligeable à ces compositions très balisées.