Voici un album dont les notes de pochette donnent pas mal de clefs, je vais m’essayer à l’ouverture des serrures…
Ça commence au Village Vanguard avec l’album de Coltrane, le mythique « Live at the Village Vanguard Again ! » de 1966. Il se trouve que ce soir-là, au premier rang, le jour de l’enregistrement se tenait Joe McPhee. La légende est en marche.
Bien des années plus tard, le bassiste Joe Morris et le pianiste Jamie Saft échangeaient à propos de cet album, Jamie parlait aussi de son admiration pour la pianiste Alice Coltrane, qu’il admire énormément et qu’il aimerait faire un album où il s’inspirerait de son jeu. C’est de cette conversation que naît le projet de cet album avec le saxophoniste Joe McPhee et le batteur Charles Downs, deux noms qui s’imposent à Joe Morris, deux musiciens qu’il connaît !
Ce dernier, Charles Downs, en fait, est plus connu sous le nom de « Rashid Bakr », une légende du free jazz, c’est également le neveu de Jo Jones, une référence pour les plus anciens. Il a joué aux côtés de Cecil Taylor, Peter Brötzmann, Arthur Doyle, Billy Bang et bien d’autres...
C’est lors de la réunion du quatuor que Joe McPhee fait état de sa présence au concert de Coltrane, frappant les esprits, comme si tout s’enchaînait et allait de soi, il est décidé de se réunir autour d’instruments acoustiques, comme des braves.
C’est dans les montagnes « Catskill », aux studios de Jamie Saft que les amis se rejoignent, juste en bas de la rivière de Ticonderoga, un mot mohawk signifiant « confluent », là où les cours d’eau se mélangent.
C’est ainsi que cette histoire, qui débuta au Village Vanguard, se termina à Ticonderoga. Alors, si au détour d’un solo, vous entendez quelques notes de Coltrane, ou si le piano s’échappe comme celui d’Alice, dites-vous bien que tout est normal, ce ne sont que les souvenirs qui surgissent, comme le fait la source lorsqu’elle apparaît…