On connaît le registre : mélancolie inévitable d'un jazz très cinématographique, soul pavlovienne d'une voix plus noire que noire, fascination de l'éternel loser face au Destin, aux femmes, etc... Rien qu'on n'ait déjà beaucoup pratiqué - voire rejeté - chez d'autres. Pourtant, des stridences inattendues viennent faire dévier ces chemins rebattus qui semblaient mener gentiment vers des clairières d'extases chagrines où les larmes viennent aux yeux et le cœur se serre. Pourtant, se dégage un touchant sentiment d'intelligence et de renoncement, et s'ouvre au cœur des noires chansons une fenêtre vers un ailleurs, où chanter le désespoir ne serait plus nécessaire. [Critique écrite en 2003]