Sorti en 1980 sous le label Mini Records , Tout' Cé Vanité de Toto Necessite , est un album qui se compose de cinq morceaux , dont trois , s'étirent sur plus ou moins de 10 minutes que des auditeurs non habitués à ce genre musical peuvent trouver justement ces trois pistes là contraignantes . En revanche pour les habitués (dont bibi) bien au contraire , ils seront ravis d'entendre cette production de Fred Paul (le papa de Mini Records) mixé avec soin cette capture d'essence du son analogique de Miami au Port-au-Prince de ce qui se faisait de mieux du début des années 80 . Au crédit , sept musiciens : tout d'abord , un big up aux guitaristes Serge Bontant (à la solo) et Carlos Grégoire ( en rythmique) d'avoir su tresser des lignes mélodiques tout aussi remarquables . Et on oublie pas aussi aux autres qui les ont accompagner , le bassiste Daniel Richard (qui avait joué dans le second album des Étincelles de L'Évangile en 1978- Les Joies de Noël - , Harry Desir à la Batterie , Roland Pierre au percussions , Rony Roselyn Thomas au tambour qui avec Harry Desir jouèrent pour l'inventeur du cadence-rampa j'ai nommé Webert Sicot (nom du projet Instrumental Webert Sicot et le Thoray All Stars - Chansons Souvenirs- sorti en 1980) , Jean Dorleans au Tam-Tam . Ah , et j'allais oublier de cité à l'autre chant , Velius Mehu . Le talent narratif de Toto est toujours bien là à travers les tempos festifs , de propos gardant une profondeur sociale ou philosophique tout comme l'annonce le titre morceau de l'album ( Tout' Cé Vanité , comprenez "Tout est Vanité") ou futilité des apparences et matérialisme ancrant dans un assez proche ecclésiastique versus créole . Cet album s'ouvre en face A de la galette sous des guitares fluides et rythmiques dansante de l'époque ( Rose -en- Fer / Rose en enfer , durée 13:02) ou encore dans le compas rétro imagés de folklore ( M'Pral Maré On Lala/ Je vais attacher des feuilles de jute -08:35) . Jouda (6:31) , le morceau qui ouvre sa face B , raconte les travers humains d'où son titre , "Jouda" , autrement traduit par "médisant" , beaucoup plus que "personnes curieuses" , dans la mélodie portée par les voix de Necessite et Mehu , "Rosy" , le morceau le plus court de l'album (4:42) ainsi que le plus sombre sur les inégalités et les déceptions face aux comportements humains . Dernier titre du vinyle , Loulouse (10'10) : "Woy, Map Domi Dého" ; ou la vie quotidienne et mésaventure amoureuse d'un pauvre gars qui voit sa Loulouse la quitté dans les bras d'un autre , beaucoup plus friqué . Ah , la tentation de l'argent facile au détriment des sentiments sincères . Certes , Tout' Cé Vanité est moins grandiloquent et dense que celles des grands orchestres haïtienne de studio de l'époque , mais en elle en réside dans son authenticité , dans son esprit lyrique et dans son interprétation toujours aussi charismatique de Jean Jules Similien aka Toto Necessite .