.. & de la musique. Ce que revendique le comité de Sequence Theory Project, c'est la liberté, pas seulement artistique, mais mondiale. Ainsi les représentants de ce groupe ont-ils choisi de ne pas se couvrir d'un label, ni de se faire une propagande quelconque. & c'est par un détour hasardeux dans les recoins obscurs de l'internet musical que j'ai réussi à dénicher "Toyland"..

"Toyland", c'est avant tout huit titres, parfaitement articulés, méticuleusement travaillés, un projet à part entière. On vogue entre le trip-hop déchiré de la chanteuse (dont la voix essoufflée & résonnante fait songer à Portishead), les manipulations expérimentales entreprises par les beats électroniques, IDM à souhait, chemins artistiques authentiques, & les notes teintées de piano, délicat, ouaté puis dévié vers l'expérimentation classique la plus profonde, singulière & moderne possible.
Les émotions procurées ne sont jamais loin de la neurasthénie, mais il s'agit de celle, particulière, dont on aime se relever ; celle dosée d'une façon si juste que la simple apparition des beats parvient à l'effacer totalement avant de la faire renaître sur le titre suivant. Le titre central, "Birthday Song", est le phare de l'album, illustrant ce dernier au mieux : tapi dans la pénombre, avec des notes de piano faisant songer à la noirceur de Ghinzu sur l'excellent "Blow", des beats lourds & une voix grasse & meurtrie rappelant l'époque "Dummy" de Portishead, chaos ascendant, douleur inexprimable, guitare bien garage & influences nécessairement françaises dans les petits effets sonores.
Ce qui est génial avec Sequence Theory Project, c'est l'incroyable métamorphose que peut subir leur musique d'un titre à l'autre, tant les genres sont croisés. Ainsi, du rock sombre & dépressif, on peut passer à un jazz enjoué, voire une pop lancinante, sans toutefois aller dans les excès de tendance qui pourraient mener l'album vers une certaine inégalité.

N'en connaissant pas plus quant aux origines du groupe, à ses membres & à la production de l'album, c'est tout ce que je peux régurgiter. Néanmoins il s'agit d'une vraie surprise, redorant sans artifice le blason peu à peu dégradé d'un trip-hop en marge.
Satané
8
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le 4 sept. 2012

Modifiée

le 4 sept. 2012

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Satané

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