Kahil El'Zabar's Infinity Orchestra with Ernest Dawkins, Joseph Bowie – Transmigration – (2007)


Je vous avais déjà présenté l’album « fantôme » de celui-ci, paru sur le label « musique de nuit », et enregistré une année auparavant. Sur un ton espiègle-potache je vous avais décrit ma joie de pouvoir l’écouter. Celui-ci est le « Delmark » du très sérieux label de Chicago que je vous conseille tout autant, il présente même des garanties de qualité que ne possède pas le précédent, bien qu’il soit excellent !


Pour comprendre cette affaire, il faut savoir qui est l’« L’infinity Orchestra » et quels sont les liens qui réunissent Kahil et ce grand ensemble. Kahil El’Zabar est un artiste en résidence depuis quelques années à l'Académie de Musique de Bordeaux Aquitaine. Il passe deux mois par an à enseigner mais aussi à créer aux côtés de cet Infinity Orchestra qu’il dirige.


Il est composé de jeunes musiciens français, allant des musiciens de jazz, au DJ et chanteurs de hip-hop, auxquels s'ajoutent les musiciens de l'Ethnic Heritage Ensemble d'El'Zabar, Ernest Dawkins au saxophone et Joe Bowie au trombone. On parle au moins de quarante-deux musiciens au total, tous les noms sont réunis sur le livret accompagnant.


Pour bien faire tenir l’ensemble, Kahil joue une musique assez simple, mais également très efficace en matière de rendu sonore. Ce qui n’empêche pas que ces musiciens soient tous bons et même certains vraiment excellents ! Ici l’essentiel est contenu dans le plaisir de jouer dont la manifestation est évidente, il n’y a pas d’image pourtant on imagine les sourires !


Cinq pièces sont jouées et toutes sont de haute tenue, il y a même un passage free de quelques minutes à la fin de « Nu Art Claiming Earth » pour faire bonne mesure. Comme à l’habitude le Cd est bourré à mort d’une bonne musique bien rythmée, sur la pièce d’ouverture, « Soul to Groove » j’ai même pensé à Fela que j’écoute un peu en ce moment.


C’est vrai qu’ici les musiques se mélangent joyeusement, le jazz mais aussi diverses musiques africaines, des folks même, et surtout cette puissance massive du très grand orchestre qui avance avec grâce et majesté, tel un placide pachyderme d’où se détachent d’habiles solistes, et pas seulement Ernest Dawkins et Joseph Bowie, même s’ils gardent tout de même la part du lion, ce qu’ici personne ne conteste.


Mis à part une pièce où Kahil joue des percus, il dirige essentiellement ce grand navire majestueux qui file droit, insensible aux tempêtes.


Un grand moment !

xeres
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le 17 août 2025

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