Cette lumière qui éclaire la caverne

En physique, l'éther est « une substance subtile distincte de la matière et permettant de fournir ou transmettre des effets entre les corps. »


En littérature, « qui s'élève au-dessus des sentiments communs ; sublimé, pur. »


Par extension, « qui est extrêmement léger, délicat, impalpable ou fugitif, aérien. »


Cocteau Twins pourrait être défini comme tels. La voix "otherwordly" de Liz Fraser, la guitare à la fois satinée et entêtante de Robin Guthrie et la basse duveteuse de Simon Raymonde. Voilà les ingrédients mis dans une marmite et qui accouchent d'un trésor.


Le troisième opus des Écossais tend vers le chef-d’œuvre car TOUS les éléments le composant le sont dans une logique et une fluidité implacables. Ni trop long ni trop court, ces 10 morceaux sentent l'opium, la rose de Damas, l'encens aux fragrances de muguet, des effluves printanières émanant des fleurs d'une prairie. C'est beau, c'est frais, c'est aérien, c'est éthéré..


Après deux productions parfaites, CT revient encore plus fort. Le bien nommé Treasure navigue dans le divin. Chaque titre est associé à un personnage soit de la mythologie (Pandora, Persephone), de la littérature (Amelia) et même d'une plante (Cicely). Évidemment Elizabeth Fraser prend beaucoup de place dans cette spirale musicale. Dans "Lorelei" par exemple, l'overdubbing démultiplie sa voix qui s'enroule autour d'elle-même, alors que le contraste entre une batterie martiale, les notes cristallines de synthé et la basse chatoyante, crée une atmosphère euphorisante tout à fait singulière.


Ceci n'est qu'un exemple car TOUTES les compositions ici présentes pourraient faire l'objet d'une explication détaillée.
La musique est magnifique au sens littéral ; elle est magnifiée et ainsi rendue magnifique. Dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. CAR écouter les Cocteau Twins c'est être face à (et dans) un paysage sonore particulier et ce, dans son acception très large. Les volutes de voix dans "Amelia" en sont une très bonne représentation.


"Donimo" clôt superbement l'album comme "Ivo" l'avait commencé ; des chœurs sur un lit de synthés, la voix de Liz Fraser qui se répond à elle-même, des bruits d'ambiance qui mènent vers une sublime explosion de beauté.


Quand l'alchimie parfaite donne naissance à un album.

lehibououzbek
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 6 oct. 2016

Critique lue 846 fois

Treasure

Treasure

8

IssyMediatheques

le 21 mars 2020

Suivre

Trésors cachés d'Issy

Au même titre que Galaxie 500, ces Ecossais historiquement liés au label 4AD ont tracé les esquisses du shoegazing, et plus largement de la pop britannique des années 90. Lush, les Sundays, Cranes et...

The Division Bell

The Division Bell

9

lehibououzbek

le 11 janv. 2013

Suivre

The last bell is ringing

The Division Bell est tout simplement le dernier et ultime album studio de Pink Floyd. On est en 1994 et outre le fait qu'il soit le dernier de la superbe discographie du groupe, il est celui par...

In the Aeroplane Over the Sea

In the Aeroplane Over the Sea

2

lehibououzbek

le 12 févr. 2013

Suivre

Cet album est juste une daube, rien de plus.

Je fus un mouton moi aussi. Ayant remarqué ça et là les critiques dithyrambiques, je me suis dit qu'avec de tels éloges je ne pouvais tomber que sur quelque chose de génial. Certes, Rat Diot Ed et...

Painkiller

Painkiller

10

lehibououzbek

le 14 févr. 2013

Suivre

La technique au service de la composition

Je suis choqué. Oui je suis définitivement choqué, abasourdi, en position PLS dans un coin, suçant mon pouce comme quelqu'un qui viendrait de subir un énorme trauma, et qui ne pourrait plus bouger...