Stefano Di Battista – Trouble Shootin' - (2007)


Il y a bien longtemps je vous avais parlé de Stefano Di Battista pour son album éponyme sorti au cours de l’année deux mille, je vous avais dit alors tout le bien dont je pensais de cet excellent saxophoniste italien, qui enregistrait déjà pour Blue Note.


Cet enregistrement-ci, « Trouble Shootin' » est le dernier qu’il sortira pour l’illustre compagnie, un compagnonnage de sept années qui s’achève ainsi, c’est la vie du jazz qui veut ça, rien d’anormal, on retrouvera Stefano tout au long d’une belle carrière, on se souvient de l’album « Morricone Stories », dont je vous avais parlé lors de sa sortie en deux mille vingt et un.


Pour l’heure voici « Trouble Shootin’ » qui est magnifique dans une veine sinon mainstream, du moins qui ne fâchera personne et plaira à beaucoup. Si vous écoutez à l’aveugle vous risquez même d’être très surpris, c’est d’ailleurs l’écoute que je privilégierais si elle m’était possible, car l’immense talent du musicien à l’œuvre le situe aux côtés des plus grands.


Il joue ici des saxophones alto ou soprano, Baptiste Trotignon est génial à l’orgue Hammond B3, Fabrizio Bosso à la trompette, Russell Malone à la guitare, Eric Harland à la batterie, Nicolas Stilo à la flûte sur l’excellent « The Serpent’s Charm » et sur « Echoes Of Brazil ».


Toutes les pièces sont délicieuses, mais on peut extraire « Under The Spell » au rythme lent, quelques reprises issues du catalogue Blue Note comme « Midnight Blue » de Kenny Burrell ou « The Jody Grind » d’Horace Silver, la ballade brésilienne aux accents chaloupés, mais aussi « Alexanderplatz Blues » vif et nerveux, tourbillonnant, évoquant les mouvements, la vitesse et même une certaine agitation.


N'attendez pas d’« Essaouira » une parenthèse chaude et paresseuse, bien au contraire c’est le vent d’ouest qui frappe la ville jusqu’entre ses murs et tout s’agite et s’active là encore, sur cette belle pièce de Stefano, très bien sentie.


L’album a été enregistré en une journée, à Paris, on l’a compris dès l’apparition de l’orgue Hammond B3, l’ambiance générale se structure autour du « Soul Jazz » et des prestigieuses années Blue Note, qui ont tant fait pour populariser cette musique. Le résultat est étonnant car la musique reste très actuelle tout en regardant dans le rétro, de quoi réjouir les amateurs sans qu’à aucun moment on ne se lasse, le niveau ici est tout simplement prodigieux.

xeres
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le 27 juin 2023

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