John Scofield – Uncle John's Band – (2023)


John Scofield fait partie de ces gens qui se situent à une certaine altitude, je ne lui connais pas de mauvais album, ni de sorties faiblardes, bien que je ne connaisse pas tout de sa discographie, il m’arrive de m’y plonger les yeux fermés et d’y pêcher çà et là quelques perles.


Il fait partie de cette famille, pas si rare outre-Atlantique, des guitaristes virtuoses, artisan de cet americana que j’aime bien, un peu comme un Bill Frisell, un Julian Lage ou un Gyan Riley pour n’en citer que quelques-uns. Ici il se partage entre les reprises et les compos personnelles.


Il est en trio avec Vincente Archer à la contrebasse et Bill Stewart à la batterie, en live cette formation est adepte des impros et de l’inattendu, tout autant des pièces que du répertoire, c’est dire s’ils avancent sans prise de risques, rompus qu’ils sont aux expériences musicales les plus aventureuses.


Côté reprises on remarque le titre d’ouverture, « Mr Tambourine Man », sur la face deux un vieux titre des années cinquante de Miles Davis, « Budo », très chouette, le fameux « Old Man » de Neil Young. Face trois c’est « Stairway To The Stars » qui attira l’attention de Dexter Gordon, et face quatre il y a un extrait de « West Side Story », « Somewhere », l’album se clôt avec « Uncle John’s Band » du Dead.


Ce voyage au milieu des standards qui fait remonter les souvenirs est troublé par sept pièces magnifiques de John Scofield qui ne font pas pâle figure au milieu de tous ces « hits » intemporelles, bien au contraire côté mélodies et composition il se montre très au niveau et c’est pur régal que de suivre le trio dans cette farandole cool et countrysante, comme avec le très bon « Back In Time ».


On se régale de cette musique des grands espaces, de cette atmosphère spatiale, du lyrisme savant et même, d’une certaine façon, d’une luxueuse économie dans les moyens, qui permet de toujours être juste sans jamais en faire trop, une belle mise en perspective de la beauté de l’artisanat et du savoir-faire, une sorte d’art brut à la fois économe et brillantissime.


C’est le genre de musique dont on ne se lasse pas et qui pourrait, sans ennui ni désintérêt, accompagner une journée, un long voyage ou servir de fil rouge à un séjour prolongé. Je possède la version vinyle, elle est sans reproche et le son est absolument parfait, ECM oblige. Par contre j’ai eu la surprise de trouver les deux disques, dans leur sous-pochette antistatique, logés au milieu du gatefold, le tout protégé par le cello d’usage.


Un album intemporel, seul le titre « Mask » peut évoquer la pandémie à la rigueur, mais cette musique ne saurait vieillir, juste pâtiner avec le temps qui file…

xeres
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le 28 mai 2025

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