Hasse Poulsen – Unknow Winter – (2024)
Hasse Poulsen, pour moi, c’est essentiellement un membre de « Das Kapital » qu’il cogère avec Daniel Erdmann et Edward Perraud, dont, si ma mémoire est bonne, je vous avais parlé lors de la sortie de « Vive La France » en deux mille dix-neuf. Il est guitariste et ici se montre sous un visage différent, convoquant des musiciens assez étonnants, pour créer un assemblage qui sort vraiment de l’ordinaire, mais rien n’est vraiment surprenant de la part du guitariste danois, installé désormais à Paris.
Fredrik Lundin est lui aussi danois, il joue du saxophone ténor, le troisième homme, Tomasz Dąbrowski est polonais et installé en Suède, mais a travaillé longtemps au Danemark. Ce sont donc, en gros, des bourlingueurs qui bougent et se déplacent à travers l’Europe, où ils se sentent chez eux, pour peu qu’on leur prête l’oreille.
Alors, me direz-vous, guitare, saxo et trompette, ce n’est pas banal, et c’est exactement ce qui je me suis moi-même dit, que ce n’était pas gagné ! Alors j’ai écouté… Y’a une anecdote qui circule à propos de Tomasz Dąbrowski, et j’aime bien ça, moi les anecdotes : ça donne du grain à moudre, et surtout, souvent, ça en dit long.
Le gars est bien jeune, il a étudié au Danemark et a eu comme professeur son compatriote Tomasz Stańko, aujourd’hui disparu, pour qui ne connait pas ce dernier, c’est une pointure du jazz polonais depuis les années soixante-dix on va dire, une sorte de légende underground, du genre qui doit frôler de près le talent d’un Miles Davis par exemple, même si j’exagère un tout petit peu, et Stańko lui a fait un cadeau qui vaut tout l’or du monde, il lui a fait don de son propre instrument, sa trompette, un truc qui en dit long !
Foin des divagations et revenons à notre album, pour résumer mon sentiment, et je l’ai bien et beaucoup écouté déjà ce Cd, malgré l’équipage, ou peut-être à cause de, ou encore grâce à, enfin et pour tout dire, c’est un foutu bon album, du genre qui peut surprendre car il est fragile comme de la soie, aéré comme de la dentelle et léger et doux comme le cachemire.
Le trio est télépathique, très complémentaire et fortement soudé, proposant une sorte de jazz de chambre assez inouï, qui se régénère à chaque pièce, présentant plusieurs faces du même visage, une sorte de vaccin contre l’ennui, en quête perpétuelle de nouveautés et d’innovation. Le talent des membres est tel qu’il permet un nombre infini de variations et de combinaisons, bridées uniquement par l’imagination, mais rassurez-vous, ils n’en manquent pas !
Alors entrez dans cette aventure pleine de variété, de suspense et de rebondissements !