Jan Garbarek – Visible World – (1996)
Intéressant cet album de Jan Garbarek, en quatre-vingt-seize il est au sommet de sa gloire, houspillé par les uns et adulé par les autres. Il est un peu le symbole de ce fameux « son ECM » qui fut un temps critiqué…
C’est qu’avec ce son si pur, si cristallin, le « jazz » lui-même s’est un peu barré, et Jan a suivi sa pente, il a créé un nouveau monde, un peu jazz, un peu folk, qu’on a également appelé new âge, enfin je crois. Cette particularité a orienté notre musicien vers d’autres lieux, un peu loin de la scène jazz usuelle.
Ainsi les notes de pochettes indiquent que les pièces 1, 2, 4, 12 et 13 font partie d'une « Suite Mangas Coloradas » en rapport avec les descendants du chef Apache Chiricahua Mangas Coloradas. Les pièces 3 et 4 sont les musiques du film « Trollsyn » décrivant la vie d’un petit miraculé de la peste noire au quatorzième siècle.
Les pièces 5 et 8 ont été réalisées pour le ballet « Bønn ». Enfin la dernière pièce « Evening Land » a été réalisée pour une production vidéo musicale intitulée « Aftenlandet ». Tous ces projets réunis bâtissent une œuvre de plus d’une heure quinze, parfois un peu « baroque » où se télescopent des styles de musique très différents, ainsi par exemple, on passe d’une danse moyenâgeuse à une musique spatiale vouée aux synthés et à la musique électro.
L’unité stylistique est préservée par le musiciens réunis, Rainer Brüninghaus au piano et au synthé, Eberhardt Weber à la basse, Marilyn Mazur aux percus et à la batterie, Manu Katché est également à la batterie. Par ailleurs deux invités sont de passage Trilog Gurtu au tabla et Mari Boine au chant. Mais tout ce petit monde joue le plus souvent en petite formation, ainsi on va du simple solo au quartet, au fil de ces seize compos.
J’avoue ne pas être un fan de cet album, mais je ne le trouve pas désagréable non plus, il y a des titres bien foutus, souvent avec de belles mélodies et de beaux arrangements, je ne le dénigre donc pas, mais je ne pense pas en faire une grande consommation non plus. J’aime Jan Garbarek dans un environnement plus jazz, dans les formations de ses débuts.
« Red Wind » qui ouvre l’album et « « Evening Land » qui le ferme sont deux compos à fort potentiel, mélodies accrocheuses qui plairont probablement, ne boudons pas notre plaisir...