New Life Trio – Visions Of The Third Eye (1979)
Bonne chance pour trouver l’original, pressé à uniquement cinq cents exemplaires à l’époque, il fait partie des albums très recherchés par les collectionneurs. Heureusement une réédition de cinq cents, puis de mille, a été effectuée cette année dans une version remasterisée, l’occasion de pouvoir enfin écouter l’album dans de bonnes conditions d’écoute.
Comme l’indique le nom de la formation, nous avons affaire à un trio, Steve Reid est à la batterie, Brandon Ross à la guitare et David Wertman à la basse. A l’origine Steve Reid ne faisait pas partie du projet, c’était un violoniste, Terry Jenoure, qui devait compléter le trio à cordes. Mais ce dernier s’est désolidarisé la veille de la séance, c’est ainsi que Wertman a appelé Steve Reid pour combler le manque. La formation ne survivra pas à cet album, l’éloignement géographique entre les musiciens devenant un obstacle important.
L’album s’est enregistré en moins d’une journée, le six décembre soixante-dix-huit, pour une parution en soixante-dix-neuf. Le temps ensuite a créé la légende, la pochette à la Sun Ra, avec cet œil d’Horus, la musique exotique, free, et ce quelque chose d’inclassable qui la rend absolument originale. Les apports venant de Chine, d’Egypte, d’Espagne, du blues, du jazz inouï, avec des séquences répétitives…
Ces préoccupations sont présentes dans les titres, les lire c’est déjà faire un voyage. Trois par face, « Empty Street », « Egypt Rock » et « Sculpture » sur la première, « Chinese Rock », « Prelude to Grace » et « Love Chipper » sur la seconde. Malgré ce que disent les titres l’approche n’est pas rock, enfin pas musicalement, si ce n’est le jeu de Steve Reid, plutôt carré. Dans un autre ordre d’idée, on pourrait l’assimiler au punk, pour l’appartenance au label amateur de Steve Reid, ou pour le côté résolument free de la musique, cette guitare est folle, parfois psychotique même.
Les pièces sont toutes intéressantes pour peu qu'on aime cette guitare, la dernière est une improvisation totale et la première est sans doute la plus connue, déjà le titre: « Empty Street », qui décrit la traversée de Northampton alors que le ciel noir devient bleu et que la nuit « galope et le jour la poursuit » comme le dit Ross. Un titre qui fait naître des images, du mouvement et des couleurs.
Un album à écouter en tout cas.