Ce premier du combo britannique Cryptic Shift est une occasion de me replonger dans un univers et un style que je n'ai pas souvent le loisir d'aborder dans ces pages virtuelles, et que j'affectionne pourtant énormément. En effet, je n'ai jamais pu exprimer ma passion pour des groupes comme Vektor, Vexovoid, ou en plus extrême Obliveon ou le méconnu Timeghoul. J'ai heureusement pu aborder la question de Nocturnus, collant à la même thématique mais évoluant dans sa propre sphère ; ou encore de Teleport, dont j'attends la confirmation du bien que j'en pensais.


Ce qui m'amène à introduire Cryptic Shift, formation qui a déjà cinq ans, dont les membres font aussi du doom death très correct dans Slimelord, du thrash brutal et technique dans Seprevation en ce qui concerne le gratteux.

Comme l'introduction le laisse imaginer, c'est de thrash technique et progressif dont il s'agit ici, abordant des thématiques SF habilement retranscrites avec quelques artifices assez discrets.


Musicalement, ces mecs sont évidemment des monstres de technique : polyrythmie, riffs atonaux juxtaposés à de fines mélodies élaborés, changements de dynamiques incessants, compositions à rallonge, tout y est.

On évoquera forcément le premier morceau, qui dure un peu moins de vingt-six minutes (soit une durée supérieure à celle de leur dernier EP en date), articulé en plusieurs mouvements, avec ses passages calmes et d'autres plus énervés, le tout en fluidité et cohérence à tout moment.


Cryptic Shift n'a pas forcément une approche très personnelle du style, on retrouve les influences citées plus haut. Mais le talent est bien là, et on sent que les zicos se font plaisir à jouer (ce bassiste à la fretless !) ; le feeling mélodique l'emporte sur la haute technicité, l'oreille accroche le plus souvent au propos. On ne se perd jamais vraiment dans des plans flirtant parfois avec le labyrinthique. Il faut voir cela comme faisant partie de l'ambiance, qui est toujours savamment entretenue.


La production a aussi son droit de cité : le son est très propre mais aussi très organique, comme tout droit sorti des années 90. Choix on ne peut plus judicieux et adapté au style pratiqué.


Dans un genre extrêmement exigeant, dans lequel il y a tellement peu à se mettre sous la dent, il serait dommage de passer à côté de ce petit bijou. Après cet album inspiré, brillamment exécuté, il ne manque guère qu'un peu plus d'audace à Cryptic Shift pour accéder à une plus grande notoriété.


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Man_Gaut
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le 26 janv. 2026

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Man Gaut

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