Paal / Michiyo / Broe – Volda – (2010)


On retrouve notre duo Peter Brötzmann et Paal Nilssen-Love, augmenté de Michiyo Yagi qui joue du koto. L’album a été enregistré en Norvège en avril deux mille huit et sa sortie s’est effectuée en deux mille dix. Il est paru sur « Idiolect » un tout petit label que j’imagine japonais, si j’en crois les écritures, le obi et le soin apporté au Cd.


Un bel objet mais aussi un sacré bon album. Il faut sans doute saluer la présence de Michiyo Yagi qui joue du koto de vingt et une ou dix-sept cordes, selon le registre. Sa présence ajoute un « liant » particulier, ne pensez-pas qu’elle s’oublie dans un coin, bien au contraire, elle joue très à l’avant et magnifiquement de son instrument, dont elle nous démontre avec une très grande maîtrise les grandes possibilités.


Peu après la sortie de l’album une grande tournée sera organisée au japon, avec un succès très mérité. La première pièce « Volda I » est également la plus longue, un peu plus de vingt-trois minutes. Sublime musique, Peter au Tárogató occupe la scène avant de s’effacer en laissant la place au deux plus jeunes qui s’expriment en duo, un long moment, la vibration des peaux et des tambours et celle des cordes pincées, duo magique et rencontre étonnante, le temps s’efface et fait place à une autre dimension.


Avec le retour de Brötzmann rien ne se perd, bien au contraire, les vibrations se perpétuent, même si Michiyo se fait plus discrète. Le sax alto se glisse à l’avant, Peter semble vouloir recueillir la spiritualité du moment et nous voici bien barré dans cet espace un peu particulier où nous emmènent parfois les grands…


Volda II perpétue le rêve, ici tout est parfait, contemplatif, la batterie qui tapisse le chemin, le koto qui fonctionne comme un drone et le Tárogató qui papillonne et montre la voie, l’esprit n’a plus qu’à suivre et se laisser guider, la démarche possède quelque chose de l’ordre du spirituel, peu de musiques ont ce pouvoir-là…


Volda III est plus vive, plus dynamique, le koto dessine des stries, des montagnes, une puissante énergie, propulsé par le jeu des percussions de la batterie de Paal, le ténor de Brötzman s’installe dans le spectre droit, vers l’avant, et les trois nous offrent une montée vers les sommets qui nous prend et nous emmène avec la force d’un tourbillon…


Juste une belle éclatade ce truc, recommandé.

xeres
10
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le 19 juil. 2026

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