Mats Gustafsson & Liudas Mockūnas – Watching A Dog. Smiling – (2024)
Un nouvel album issu du label « NoBusiness Records » paru dès janvier de cette année, limité à trois cents exemplaires et enregistré aux « Plokštelių » studios de Vilnius, le huit novembre deux mille vingt-deux, réunissant deux musiciens du Froid, le suédois Mats Gustafsson et et le lithuanien Liudas Mockūnas.
C’est très free, voire expérimental, les deux musiciens-souffleurs se lancent dans une parade sonore assez aventureuse, parfois mystérieuse ou même noisy, de quoi surprendre et interpeler, les voies empruntées ne sont pas banales, ni même usuelles, cette rencontre est toute en audace, étonnement, parfois très déstabilisante, histoire de contester ce droit au confort sonore qui semble pourtant dû à celui qui tend l’oreille, en attendant une sorte de récompense…
Mats Gustafsson joue des flûtes, du saxophone baryton et de l’électro, avec une largesse de moyens et de résultats sonores. Liudas Mockūnas utilise divers saxos, le soprano, le soprano sans anche, le sopranino et le saxophone basse ainsi que la clarinette contrebasse, l’éventail est large et les combinaisons multiples.
Tantôt les couleurs s’ancrent dans les contenus atmosphériques, dessinant des plans ou des lignes, à d’autres moments les instruments s’animalisent et font penser à un bestiaire inquiétant, ou bien encore aux humains et à leurs humeurs, des mélanges parfois s’organisent et tout semble se confondre…
Les six pièces s’organisent par trois gravées sur chaque face et les titres disent sur les contenus. « Watching A Dog. Smiling », « More Sad Than Love. Is Live », « It is. Like Me. », deux propositions sont donc énoncées dans chaque titre, délivrant comme une clef, une grille de lecture et de compréhension, comme pour décoder la musique et la lire, ainsi lui donner sens.
On connaît les difficultés actuelles du label, et on salue cette prise de risque concernant le choix hardi de cet enregistrement, promis à des ventes plutôt confidentielles, bien qu’il soit passionnant malgré la difficulté d’accès, d’ailleurs la dernière pièce se nomme « Une envie. Du néant » de quoi interroger, encore et sans cesse…