Lakecia Benjamin – We Dream – (2026)
Un album sorti ce mois, Lakecia raconte une histoire depuis « Pursuance: The Coltranes » en vingt-vingt, et « Phoenix » trois années plus tard, augmenté du même, réimaginé "live" en vingt-quatre, de quoi tenir le haut du pavé…
Ce dernier album possède de qui tenir, il garde de la cohésion, mais surprend avec tous ces musiciens qui vont et viennent, ainsi défilent à la trompette Terence Blanchard, Sean Jones, Lessie Vonner, Christian Scott : c’est-là une version des chaises musicales, croirait-on !
Pourtant l’identité de l’ensemble est là et tout tient droit, peut-être cette influence coltranienne qui est toujours présente, au coin d’un accord, d’une succession de notes, d’un invariant que l’on reconnaît de suite et qui enchante.
Quand Lakecia embouche son sax alto tout vole et s’envole, c’est puissant, trempé dans le groove et tranchant comme de l’acier et, s’il se trouve un Blanchard ou un Scott avec une trompette ça plussoie encore plus haut, histoire d’astiquer les cimes. Ainsi « Beyond The Down » et « Mi Gente » décapent et, « Ascension » qui suit, s’ouvre au hip-hop qui, monté en température, fusionne avec ce bon jazz qui régale.
Mais Lakecia connaît ses classiques et « Dream Breaker » qui arrive renvoie opportunément à l’école hard-bop où beaucoup ont fait leurs gammes, l’hommage à la tradition, mais éclairé, avec des tambours à l’arrière qui grondent, poussent et bousculent.
On glisse ensuite vers des trucs plus mode, pop et funk, voix chantées, batteries à l’avant et groove constant, la musique d’aujourd’hui, avec des clichés soul d’hier, mixés à l’électro-ambient, sur lequel se dépose la voix de l’alto en provenance de la « Divine », qui baigne dans cette douce mixture, énergisante et bienfaisante…
Ce mélange savant fait appel à de nombreuses autres personnalités, la pianiste Hiromi par exemple, Chris Potter au sax ténor, ou Miki Hayama au synthé pour n’en citer que quelques-uns, ainsi on retient les titres « Right Now » ou « New World » pour n’en citer que deux…
En conclusion un album très travaillé, qui paraît plutôt accessible, tourné vers l’unification des genres et la fusion des modes, il est à la fois performant et novateur, à suivre, en somme…