Pat Martino – We'll Be Together Again – (1976)
La date est d’importance, elle nous indique que Pat était encore dans la première partie de sa vie, avant que n’arrive l’oubli et le réapprentissage. Pourtant cet album est très particulier, pour ceux qui sont attachés au Pat Martino des débuts, il y a un grand changement, il dévoile son côté intime et introspectif…
Il joue en duo avec Gil Goldstein qui tient le piano électrique, les deux vont s’attaquer à des standards en creusant les mélodies, improvisant à partir de peu, et créant des boucles sonores souvent évanescentes, légères comme de la vapeur d’eau, révélant une autre face de la personnalité du guitariste, porté par un minimalisme créateur de charme et de poésie.
Pendant quarante-cinq minutes les deux vont imaginer ce monde sonore inédit, Goldstein participe également aux solos, mais son apport est davantage en soutien, il crée les nappes sonores, inventent les cocons doux, les appuis nécessaires pour que le guitariste puisse voler de branches en branches, sans jamais choir ou se sentir brisé dans son élan, l’ossature ainsi patiemment édifiée, bien que légère et brinquebalante, est largement suffisante pour permettre à l’oiseau de s’y poser et de voler à coup d’ailes vers le ciel bleu et les nuages duveteux.
On appréciera avant tout le titre d’introduction, la suite Open Road, constituée par « Olee », « Variations and Songs » et « Open road », ainsi que le titre de fermeture, l’éternel « Willow Weep For Me » magnifique et très reconnaissable qui virevolte et vagabonde joyeusement. Mais on pourrait citer également « We'll Be Together Again » qui donne son titre à l’album ou « Lament » et « Dreamsville » qui vont bien également.
A nouveau un agréable moment à passer aux côtés de Pat Martino, dans un exercice différent, particulièrement réussi…