Wet Leg
J’ai découvert Wet Leg un peu par hasard, en tombant sur leur concert diffusé par Arte. Ce soir-là, le premier titre était Chaise Longue. La basse entêtante, la nonchalance électrique de Rhian Teasdale, le duo qu’elle forme avec Hester Chambers… j’étais littéralement hypnotisé. Il y avait quelque chose de cru, d’amusé, et de presque moqueur dans leur manière de jouer. La chanson m’a accroché comme rarement.
Curieux, j’ai plongé dans leur premier album éponyme, sorti en 2022. Un disque qui a bousculé la scène indie rock avec ses guitares tranchantes, ses refrains répétitifs à la limite du mantra, et cette attitude post-punk ironique. Dès les premiers morceaux — Wet Dream, Ur Mum, Angelica — j’ai retrouvé ce que j’avais aimé : l’interprétation très particulière de Rhian, mélange de désinvolture et de piquant, portée par une production qui sait rester simple mais efficace.
Pourtant, à mesure que l’album ralentit, que les morceaux se veulent plus intimistes ou introspectifs, j’ai senti cette voix devenir un point faible. Là où son ton détaché et légèrement nasal fonctionne à merveille dans l’ironie ou la provocation, il me coupe un peu l’élan émotionnel dans les titres plus calmes comme Loving You ou Piece of Shit. J’ai eu du mal à entrer dans ces moments, comme si la distance ironique de la chanteuse empêchait l’émotion brute de passer.
Au final, Wet Leg reste pour moi un disque brillant dans son énergie, son humour et sa façon de dédramatiser le rock indie, mais inégal dès qu’il s’aventure hors de sa zone de confort. C’est un album que je réécouterai volontiers pour me recharger en riffs acérés et refrains absurdes, mais que je ne chercherai pas pour me plonger dans une ambiance plus intime.