La médiocre qualité de l'enregistrement de ce concert de 1969 est le principal obstacle que je rencontrais à la première écoute. On y reconnaît bien sûr la patte inimitable du Velvet Underground mais l'album souffre inévitablement de la comparaison avec The Matrix Tapes pour cette même raison. Le Velvet Underground est, pour le grand public, un groupe posthume : en dehors d'un cercle underground de quelques punks new-yorkais fans de la première heure, il n'a pas vraiment rencontré le succès du temps où il se produisait. La postérité a fait du Velvet un groupe incontournable de l'avant-garde, et peut-être le groupe de rock le plus original et le plus innovant qui ait jamais existé. Si bien que de nouveaux enregistrements ont complété au fil des années les quatre albums studio du canon. Parmi ces enregistrements retrouvés, il y a des merveilles et on crie volontiers au génie trop longtemps ignoré. Il y a aussi des enregistrements moins bons - et celui-ci est justement de ceux-là. Laurie Anderson confiait que si Lou Reed avait conservé des tas de cassettes des performances du Velvet dans les années 60, il ne s'y intéressait plus vraiment.
Juger When the midnight comes around comme des vieilleries qu'on aurait pu laisser dormir sous la poussière est certes un peu excessif. A la deuxième écoute, je prends véritablement plaisir à ce son si particulier, si reconnaissable - syncopé du Velvet - et m'immerge entièrement dans le bar underground que le concert fait revivre. Une certaine émotion naît en écoutant les longs passages improvisés. Et pourtant, il faut bien l'admettre, l'enregistrement est médiocre.