L'événement a été bien orchestré, le jour de ses 66 ans après 10 ans d'absence et la maladie, Bowie sort le premier extrait d'un nouvel album que plus personne n'espérait. L'âge qui avance est probablement la cause de tout, tout d'abord de l'existence de ce titre. Si Bowie a voulu pendant longtemps être un précurseur et restait tourné vers ce que pouvait être l'avenir de la musique, il semble aujourd'hui vouloir se reposer confortablement et regarder la trace qu'il a laissée.
C'est ce qu'on ressent à l'écoute de Were Are We Now, chanson d'une simplicité qui sétonne de ses albums précédents, la voix est posée, plus fragile, les arrangements sont simples voir minimalistes, le fond l'emportant sur la forme. Les excès de Bowie semblent loin derrière lui, sa fantaisie aussi mais pas sa créativité.
Le ressenti est particulier, on se surprend à avoir envie de pleurer à l'écoute de cette chanson, il pose des questions simples et déjà posées mille fois avant lui. Mais voilà, dans sa bouche ces questions prennent sens et semblent devenir des suppliques appelant une réponse.
On comprend à l'instar de Bowie, que sa carrière est désormais derrière lui, que le jour où il nous quittera n'est malheureusement plus si éloigné, on ressent une étrange boule dans la gorge, on se sent fragile et vulnérable comme lui.
Si cet extrait est le reflet de ce que sera l'album à suivre, il faudra une bonne dose d'optimisme pour ne pas se laisser envahir par l'extraordinaire mélancolie que véhiculent les paroles et la musique.