Avec ce troisième album, Ladyhawke surprend son monde. Adieu le rock, bonjour la pop-électro. On le sait, l'artiste néo-zélandaise avait déjà lorgnée plusieurs fois vers des arrangements plus électro. Elle ne fait que confirmer une voie avec Wild Things. Pour autant, après un Anxiety pas génial qui sonnait très comme un rappel du premier album, le troisième disque peine à convaincre et la majorité des critiques ont été d'accord pour dire que cet album était relativement décevant.
La raison, selon plusieurs personnes est que désormais Ladyhawke est pleine de joie de vivre, grâce à son mariage.
Je suis plus sceptique pour ma part de cette interprétation un peu faible. Au contraire, je trouve que cela est très inspirant pour elle et qu'une chanson aussi belle que Wild Things n'aurait pas été possible autrement.
Pour moi le véritable soucis est lié à deux choses : premièrement la musicalité. En effet, le virage électro est moyen. Sans être mauvais, il est très plat et perd toute l'énergie rock des deux premiers albums. On le retrouve sur quelques titres, dont Money to Burn (un bon morceau) mais majoritairement l'album fait très calme, voir plat.
De plus, l'aspect répétitif, déjà présent sur Anxiety continue de se sentir. Les constructions sont simples et ne facilite pas la diversité interne des morceaux. Enfin, ceux-ci ont une vague tendance à se ressembler. Ainsi l'album me semble moyen non à cause de Ladyhawke en tant que chanteuse ou parolière, ou même en tant qu'artiste, mais bien par le virage mal gérée. Je pense qu'une part plus humaine et plus de partenaires musiciens auraient été salutaire.
Ne le cachons pas, je n'ai guère aimé l'album à sa première écoute. Mais comme souvent, c'est en le réécoutant, en le découvrant qu'on l'appréciera. Cet album est à réserver aux fans de Ladyhawke. Ceux qui ont pu saisir petit à petit la passion de la chanteuse dans les deux premiers albums vont réellement succomber. Les paroles, tranchantes pour les fans, feront leur effet si on connaît déjà le mode d'écriture et de réflexion de la chanteuse, sans cela, ça risque d'échouer.
Ainsi, sans parvenir à la perfection du premier album, Wild Things m'a offert d'excellents moments où je planais en retrouvant cet artiste incroyable.
Quelques bons morceaux sont remarquables tout le long du disque. On notera A Love Song, Wild Thing, Golden Girl, Money to Burn et Dangerous que j'apprécie vraiment. A côté de ça, il existe quelques morceaux moyens, pas ratés mais que l'on n'aime qu'à moitié, tel Let it roll, The River, Hillside Avenue ou Sweet Fascination (encore que ce dernier morceau est vraiment limite pour moi). Chills et Wonderland auraient pu ne pas être mis.
Ce n'est pas le meilleur album de Ladyhawke, c'est peut être même son pire. Mais là où Anxiety nous poussait à nous rappeler de l'éponyme premier, je trouve qu'au moins Wild Things a sa personnalité propre. Certes le passage électro n'est pas parfait, loin de là même, mais on a une volonté de changer, d'évoluer.
On regrettera cependant que ce changement soit si brutal, un accompagnement plus rock aurait pu tout sauver.
Mais Ladyhawke reste Ladyhawke et son public, conquis au possible, ne risque pas de changer d'avis. Prenons garde, cependant, à ne pas avoir trop de déceptions à l'avenir.