Certaines mélodies ont le secret pouvoir de vous coller à l’âme en deux-trois mesures, et d’y rester éternellement, allongées dans des brumes de nostalgie.
Depuis douze ans, The Soundcarriers transportent des musiques depuis un temps lointain, exotique et alangui, jusqu’à un présent qui souvent ne prend plus le temps de rêver le passé. Interroger le passé, le réinventer, l’envelopper d’une aura poétique et extraordinaire, voilà ce qu’évoque chaque album de Soundcarriers. Après 7 ans d’absence, « Wilds » revient, homogène et magique comme jamais, magnétique, touchant et fragile aussi, comme une perle d’or dans un océan de tourbe calcifiée.
Pas de flonflons dans les arrangements, ici le cœur est simple et brut, très rock psychédélique. L’enveloppe est aérienne, funky et dynamique, bercée par un chant féminin gracieux, matelassée par une production organique qui fait ressortir toute la puissance rythmique des compositions. La progression instrumentale fait chaque fois la part belle à l’évocation, à une drôle de rêverie sautillante (Saturate, At The Time, Driver) ou plus mélancolique (Traces) selon les humeurs, mais toujours grisante.
Magie des sons, rappelant les murmures de Beach House avec un grain krautrock et quelques graviers exotiques à la Stereolab, avec une effluve pop réverbérée à la Broadcast. Comme l’alter ego de Vanishing Twin, The Soundcarriers mélange une palette sonore riche pour créer un son personnel, vibrant d’émotions, enraciné dans le psychédélisme et la féerie. Certains moments de pure grâce viennent enfoncer le clou de charisme dans les chairs de nos émotions : le refrain de Wilds, All These Things tout entier ou encore l'outro qu’est Happens Too Soon.
Certains groupes ont le secret pouvoir de magnifier chacun de leurs albums, d’inscrire chaque titre dans le précieux, l'intemporel, l'impalpable beauté de l'art réitéré. The Soundcarriers en fait définitivement partie